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[Vol. 2.]
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LIVKF. X.

Avril ion. pelait la civiliser, imagina de plus un système d’octrois. L'K-gjpte avait ses impôts sur les consommations, qui se perce-vaient dans les okels, espèce d’entrepôts, dans lesquels ondépose en Orient toutes les marchandises, qui se transportentd’un lieu à un autre. Ce mode de perception était simple etfacile. Menou voulut le convertir en un impôt à la porte desvilles, fort peu nombreuses en Égypte. Indépendamment dutrouble apporté aux habitudes du pays, l’effet immédiat fut defaire renchérir les denrées dans les garnisons, de rejeter unepartie de cette charge sur l’armée, et d’exciter de nouveauxmurmures. Enfin Menou résolut de faire contribuer les négo-ciants riches, qui échappaient aux charges publiques, c’étaientles Cophtes, les Grecs, les Juifs, les Damasquins, les Francsetc. Il leur imposa une capitation de 2,500,000 francs par an.Le fardeau n’était pas trop lourd assurément, surtout pour lesCophtes, enrichis par le fermage des impôts. Mais ces der-niers avaient été fort maltraités dans la révolte du Kaire ; onavait d’ailleurs besoin d’eux, car c’était à leur bourse qu’il fal-lait s’adresser, quand on voulait emprunter quelque sommed’argent. 11 n’était donc pas prudent de se les aliéner, pasplus que d’aliéner les commerçants grecs et européens, les-quels, très-rapprochés do nos mœurs, de nos usages, de notreesprit, devaient être nos intermédiaires naturels auprès desÉgyptiens. Enfin Menou créa un impôt sur les successions,qu’il voulut étendre même it l’armée, ce qui devint un nouveaugrief pour les mécontents.

Cette manie d’assimiler une colonie à la métropole, et decroire qu’en la froissant on la civilise, possédait Menou commetous les colonisateurs peu éclairés, et plus pressés de fairevite que de faire bien. Pour achever l’œuvre, Menou créa unconseil privé, non pas composé de quatre ou cinq chefs deservice, mais d’une cinquantaine d’officiers civils et militaires,pris parmi les divers grades. C’était un vrai parlement, quele ridicule empêcha de réunir. Il y ajouta enfin un journal