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[Vol. 2.]
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LIVRE X.

Avril 1801.

Moyenspréparés pourattaquerl'Ésrypte.

primer à l’instant môme l’inconvenance d’une telle conduite.Cette démarche produisit dans l’armée un vrai scandale, etfut sévèrement blâmée. Du reste, Isnard et Tallien payèrentpour tous, et furent embarqués pour l’Europe.

Sur ces entrefaites arriva l’ordre du Premier Consul, quiconfirmait Menou dans sa position, et l’investissait du com-mandement en chef d’une manière définitive. Cette expres-sion de la volonté suprême vint fort à propos, et fit rentrerdans le devoir une partie des mécontents. Malheureusementde nouvelles tracasseries survinrent, et replacèrent bientôtles choses dans leur premier état. C’est en querelles miséra-bles, que ces esprits chagrins, aigris par l’exil, encouragés àla discorde par la faiblesse du commandement, employèrentle temps écoulé depuis Iléliopolis jusqu’au moment présent,c’est-à-dire une année : temps précieux, qu’il aurait fallu em-ployer à vivre unis, pour se préparer par l’union à vaincre leredoutable ennemi prêt à descendre en Égypte.

Le Nil baissait, les eaux rentraient dans leur lit, les terresinondées commençaient à sécher. L’époque des débarque-ments était venue. On louchait au mois de février 1801 (ven-tôse an ix). Les Anglais et les Turcs se disposaient à livrerde nouveaux assauts à la colonie. Le grand visir, celui queKléber avait battu à Iléliopolis, était à Gaza, entre la Palestineet l’Égypte, n’avant pas osé depuis sa défaite reparaître à Con-stantinople, ne comptant guère plus de dix à douze millehommes dans son armée, dévorés par la peste, vivant de pil-lage, et ayant tous les jours à combattre les montagnards dela Palestine, soulevés contre de pareils hôtes. Celui-là n’étaitpas de long-temps à craindre. Le capitan-pacha, ennemi duvisir, favori du sultan, croisait avec quelques vaisseaux, entrela Syrie et l’Égypte. 11 aurait voulu renouveler la conventiond’El-Arisch, espérant peu de la force des armes pour recon-quérir l’Égypte, et se défiant beaucoup des Anglais, qu’il sus-pectait fort de vouloir arracher cette belle contrée aux Français,