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LIVRE X.
Avril 1801.
Attaque heureusedes dromadairessur la gauchedes Anglais.
Attaque malheu-reuse du ge'nt'ralLanussesur le campdes Romains.
tive sur la tête de la digue. On espérait que cette diversionrendrait plus facile la brusque attaque de Lanusse vers lamer.
Le 21 avant le jour (30 ventôse) on se mit en marche. Lesdromadaires exécutèrent ponctuellement ce qui leur était pres-crit. Us traversèrent rapidement les parties desséchées du lacMaréotis, mirent pied à terre devant la tête de la digue, enle-vèrent les redoutes, et en tournèrent l’artillerie contre l’en-nemi. C’était assez pour tromper l’attention des Anglais, etl’attirer vers le lac Maréotis. Mais, pour exécuter avec succèsle plan convenu du côté de la mer, il aurait fallu une préci-sion difficile à obtenir, quand on opère la nuit, plus difficileencore lorsqu’il n’y a pas pour diriger les mouvements unchef unique, qui calcule exactement le temps et les dis-tances.
La division Lanusse, manœuvrant dans l’obscurité, s’avançasans ordre, et coudoya souvent nos troupes du centre. Lapremière colonne, sous les ordres du général Silly, marcharésolument à la redoute, qui était placée en avant du campdes Romains. Lanusse la dirigeait de sa personne, et la con-duisit sur la redoute même. Mais tout à coup il s’aperçut quela seconde colonne faisait fausse route, et, au lieu de longerla mer pour assaillir le camp romain, se rapprochait trop dela première. 11 courut à elle, afin de la ramener au but. Mal-heureusement il tomba frappé à la cuisse d’une blessure mor-telle; funeste événement qui allait avoir de déplorables consé-quences! Cet énergique officier enlevé soudainement à sestroupes, l’attaque se ralentit. Le jour qui commençait à poindre,indiquait aux Anglais où ils devaient porter leurs coups. Nossoldats, assaillis à la fois par le feu des canonnières, du campromain, et des redoutes, montrèrent une constance admirable.Mais bientôt, tous leurs officiers supérieurs se trouvant atteints,ils restèrent sans direction, et se replièrent derrière quelquesmamelons de sable, à peine suffisants pour les couvrir. Pen-