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[Vol. 2.]
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LIVRE X.

Avril 1801. glaise, la renverse, la culbute, et sabre un grand nombre defantassins. Elle la force ainsi à reculer. Si Menou, dans cemoment, ou bien Reynier, suppléant son chef, avait porténotre aile droite à l’appui de notre cavalerie, le centre de l’ar-mée anglaise, culbuté, entraîné au delà des ouvrages, nouseût laissé une victoire assurée. Les ouvrages, isolés, séparésde tout appui, seraient tombés en nos mains. Mais il n’en futrien. La cavalerie française, après avoir renversé une pre-mière ligne ennemie, voyant 'd’autres lignes à renverser en-core, et n’ayant que la 21 e demi-brigade pour appui, re-vint en arrière, repassant sous le feu meurtrier des re-doutes.

Dès ce moment, la bataille ne pouvait plus avoir de résul-tat. La gauche, privée de tout élan depuis la mort de songénéral, faisait un feu inutile sur les positions rétranchées,qui le lui rendaient plus meurtrier. La droite, déployée dansla plaine, près du lac Maréotis, pour faire une diversion quin’avait plus d’objet, depuis que l’engagement devenu généralavait fixé chacun dans sa position, la droite ne rendait aucunservice. Sans doute un général vigoureux, qui l’aurait rabat-tue sur le centre, et qui, renouvelant avec elle l’attaque dugénéral Roize, aurait essayé de faire une seconde irruptionsur le gros des Anglais, aurait peut-être changé le destin dela bataille. Mais le général Menou ne commandait pas, et Rey-nier , qui aurait pu en cette occasion prendre une initiative,qu’il prenait si souvent hors de propos dans les affaires civi-les, Reynier se bornait à se plaindre de ne pas recevoir de

Retraite direction du général en chef. Dans cette situation, la seule

de l’ariuee. ,

chose qui restât à faire, était de se retirer. Menou en donnal’ordre, et les divisions se replièrent, en faisant bonne conte-nance , mais en essuyant de nouvelles pertes par le feu desouvrages.

Quel spectacle que la guerre, quand la vie des hommes,quand le sort des États, sont ainsi confiés à des chefs, inca-