ÉVACUATION DE L’ÉGYPTE.
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pables ou divisés, et que le sang coule, à proportion de l’in- Avrilisoi.eptie, ou de la mauvaise volonté de ceux qui comman-dent!
On ne pouvait pas dire que la bataille fût perdue, l’ennemi Conséquences
malheureuses
n’ayant pas fait un seul pas en avant; mais elle était perdue,dès qu’elle n’était pas complètement gagnée, car il auraitfallu qu’elle le fût complètement, pour ramener les Anglaisvers Aboukir, et les contraindre à se rembarquer. Les per-tes étaient grandes des deux côtés. Les Anglais avaient eu en-viron 2 mille hommes hors de combat, et entre autres le bravegénéral Abercromby, transporté mourant à bord de la flotte.
La perte des Français était à peu près égale. Placés toute unejournée, sous un feu plongeant de front et de flanc, ilsavaient eu beaucoup à souffrir. Les troupes avaient montréun rare sang-froid. L’élan de la cavalerie avait rempli les An-glais de surprise et d’admiration. Le nombre d’officiers et degénéraux frappés en combattant, était plus qu’ordinaire. Lesgénéraux Lanusse et Roize étaient morts ; le général de bri-gade Silly, commandant une des colonnes de Lanusse, avaiteu la cuisse emportée ; le général Baudot était blessé de ma-nière à ne laisser aucune espérance. Le général Destaingétait atteint gravement. Rampon avait eu ses habits criblésde balles.
L’effet moral était encore plus fâcheux que la perte maté-rielle. Il ne restait aucun espoir d’obliger l’ennemi à se rem-barquer. On allait avoir sur les bras, outre les Anglais dé-barqués vers Alexandrie, les Turcs venant de Syrie, le capi-tan-paclia arrivant avec l’escadre turque, et s’apprêtant àmettre à terre 6 mille Albanais du côté d’Aboukir; enfin 6mille Cipayes amenés de l’Inde par la mer rouge, et prêts àtoucher à Cosséir, sur les côtes de la Haute-Égypte. Quefaire au milieu de tant d’ennemis, avec une armée dont la vi-gueur, sans doute, était la même au feu, mais qui, lorsqueles affaires de la colonie allaient mal, était toujours prêle à