ÉVACUATION DE L’ÉGYPTE.
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comme on l’a vu, sorti de Toulon, le 19 mars (28 ventôse), Avril îaoirentré une seconde fois à cause de l’échouage du vaisseau laConstitution, et sorti de nouveau le 22 mars (1 er germinal). Ence moment, il faisait voile vers la Sardaigne. Un souffle devent favorable, une inspiration hardie, pouvaient le porter versles parages de l’Égypte, car il avait échappé adroitement àl’amiral Warren, en faisant fausse route. Déjà il était à quinzelieues du cap Carbonara, point extrême de la Sardaigne, prêtà s’engager dans le canal qui sépare la Sicile de l’Afrique.Malheureusement dans la soirée du 26 mars (5 germinal), l’unde ses capitaines commandant le Dix-Août, en l’absence ducapitaine Bergeret malade, eut la mal-adresse d’aborder le For-midable, reçut une grosse avarie, et en causa une non moinsgrave au vaisseau abordé. Effrayé de ces avaries, Ganteaumene crut pas pouvoir tenir la mer plus long-temps, et rentradans Toulon le 5 avril (15 germinal), quinze jours après la ba-taille de Canope.
On ignorait ces détails en Égypte, et malgré le temps écoulé,on conservait encore un reste d’espérance. A la vue de lamoindre voile, on accourait pour s’assurer si ce n’était pasGanteaume. Dans cette anxiété, on ne prenait aucun parti,on attendait dans une inaction funeste. Menou faisait seu-lement exécuter des travaux autour d’Alexandrie, pour ré-sister à mie attaque des Anglais. 11 avait donné ordre qu’onévacuât la Haute - Égypte, et qu’on en tirât la brigade Dan-zelot, pour la réunir au Kaire. Il avait porté quelques troupesd’Alexandrie à Ramanieh, pour veiller aux mouvements quise faisaient du côté de Rosette. Par surcroît de malheur,Murad-Bey, dont la fidélité n’avait pas été un instant ébranlée,venait de mourir de la peste, et livrait ses Mamelucks à Osman-Bev, sur lequel on ne pouvait plus compter. La peste com-mençait à ravager le Kaire. Tout allait donc au plus mal, ettendait à un dénouement funeste.
Les Anglais de leur côté, craignant l’armée qu’ils avaient