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LIVRE X.
Avril 1801. devant eux, ne voulaient rien hasarder. Us aimaient mieux
Operation marcher lentement, mais sûrement. Ils attendaient surtout
des Anglais
sur Rosette, que leurs alliés les Turcs, dont ils se défiaient beaucoup, fussenten mesure de les seconder. 11 y avait un mois qu’ils avaientdébarqué, sans avoir tenté d’autre entreprise que celle deprendre le fort d’Aboukir, lequel s’était défendu bravement,mais avait succombé sous le feu écrasant de leurs vaisseaux.Enfin vers le commencement d’avril (milieu de germinal), ilssongèrent à sortir de leur inaction, et de cette espèce d’étatde blocus, dans lequel ils étaient réduits à vivre. Le colonelSpencer fut chargé, avec un corps de quelques mille Anglais,et les 6 mille Albanais du capitan-pacha, de traverser par merla rade d’Aboukir, et d’aller débarquer devant Rosette. Leurintention était de s’ouvrir ainsi un accès dans l’intérieur duDelta, de s’y procurer les vivres frais dont ils manquaient, etde tendre la main au visir, qui s’avançait à l’autre extrémitédu Delta, par la frontière de Syrie. Il n’y avait à Rosette quequelques centaines de Français, lesquels no purent opposeraucune résistance à cette tentative, et se replièrent en remon-tant le Nil. Ils se réunirent à El-Aft, un peu en avant de Ra-manieh, à un petit corps de troupes envoyé d’Alexandrie. Cecorps était composé de la 21 e légère et d’une compagnie d’ar-tillerie. Les Anglais et les Turcs, maîtres d’une bouche duNil, d’où les vivres pouvaient leur parvenir, ayant accès dansl’intérieur de l’Egypte, songèrent enfin à profiter de leurs suc-cès , mais sans trop se hâter, car ils attendirent encore plusde vingt jours avant de marcher en avant. Pour un ennemiprompt et avisé, c’était là une belle occasion do les battre.Le général Ilutchinson, successeur d’Abercrombv, n’avait pasosé dégarnir son camp devant Alexandrie. Il avait à peinedirigé 6 mille Anglais et 6 mille Turcs vers Rosette, quoiqu’illui fût arrivé des renforts qui couvraient ses pertes, et por-taient à 20- mille hommes, les forces dont il aurait pu disposer.Si le général Menou, employant bien son temps, consacrant le