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[Vol. 2.]
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LIVRE XI

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Combat

d'arrière-garde

entre

la flotte anglaiseet la flotte franco-espagnole.

on arrière VHannibal, qui ne pouvait plus marcher, quoiqueremorqué par la frégate VIndienne. On le renvoya au mouil-lage (l’Algésiras. L’escadre combinée se mit enjjgjioe, espé-rant que dans le courant de la nuit les vents reprendraientquelque force. L’amiral Saumarez avait, de son côté, ordonnéde mettre à la voile. Il avait perdu l 'Hannibal; le Pompée étaitdésormais hors de service; il n’avait donc plus que quatredes six vaisseaux qui avaient combattu à Algésiras. Mais ilavait été rejoint par le Superbe, ce qui lui formait une divi-sion de cinq vaisseaux, outre plusieurs frégates et quelquesbâtiments légers pourvus de matières incendiaires. Il avaitpoussé l’acharnement jusqu’à placer sur ses vaisseaux desfourneaux à rougir les boulets. Quoiqu’il n’eût que cinq grandsbâtiments, et que les alliés en eussent neuf, il voulait tout braverpour réparer l’échec humiliant d’Algésiras, et s’épargner unredoutable jugement de l’Amirauté anglaise. Il suivait à très-petite distance l’escadre franco-espagnole, attendant le momentde se jeter sur l’arrière-garde, s’il en trouvait l’occasion.

Vers le milieu de la nuit le vent avait fraîchi, et l’escadrecombinée se dirigeait de nouveau vers Cadix. Son ordre demarche était un peu changé. L’arrière-garde était formée partrois vaisseaux, rangés sur une seule ligne, le Sun-Carlos à droite,le Saint-Herménégilde au milieu, et le Saint-Antoine, vaisseau de74 devenu français, à gauche. Ils marchaient ainsi à côté les unsdes autres, séparés par une très-petite distance. L’obscuritéétait profonde. L’amiral Saumarez enjoignit au Superbe, excel-lent marcheur, de forcer de voiles, et d’attaquer notre arrière-garde. Le Superbe eut bientôt joint la flotte franco-espagnole.Il avait éteint ses feux, pour être moins aperçu. Se plaçantun peu en arrière du San - Carlos, et par côté, il lui envoyatoute sa bordée; puis, continuant sans relâche, il lui en en-voya une seconde, une troisième, en tirant à boulets rouges.Le feu prit aussitôt à bord du San-Carlos. Le Superbe, s’enapercevant, s’arrêta, et, diminuant sa voilure, se tint à quel-