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LIVRE XI.
Juillet 1801.
Influenceîle la Franceen Europedepuis la paixde Lunéville.
tier-général espagnol, pour accepter toutes les conditions qu’ilplairait aux deux armées combinées de lui imposer. Le princede la Paix, voulant rendre ses maîtres témoins de sa gloire,fit venir le roi et la reine d’Espagne à Badajos, pour distribuerdes récompenses à l’armée, et tenir une sorte de congrès.Ainsi cette cour, jadis si grande, aujourd’hui déshonorée parune reine dissolue, par un favori incapable et tout-puissant,cherchait à se donner l’illusion des grandes affaires. LucienBonaparte avait suivi le roi et la reine à Badajos. Tels étaientles événements à la fin de juin, et au commencement de juillet.
Les combats d’AIgésiras et de Cadix, qui étaient faits pourrendre confiance à notre marine, la courte campagne du Por-tugal , qui prouvait l’influence décisive du Premier Consul surla Péninsule, et le pouvoir qu’il avait de traiter le Portugalcomme Naples, la Toscane ou la Hollande, compensaient jus-qu’à un certain point les événements connus de l’Egypte. Onne savait d’ailleurs ni la bataille de Canope, ni la capitulationdéjà signée du Kaire, ni la capitulation désormais inévitabled’Alexandrie. Les nouvelles de mer ne se transmettaient pasalors avec la même rapidité qu’aujourd’hui ; il fallait un moisau moins, quelquefois davantage, pour connaître à Marseilleun événement arrivé sur le Nil. On ne savait des affairesd’Egypte que le débarquement des Anglais, leurs premierscombats sur la plage d’Alexandrie; on ne se faisait aucuneidée de ce qui avait suivi, et on était dans le plus granddoute sur le résultat définitif de la lutte. Le poids dont laFrance pesait dans la balance des négociations, n’était donc enrien diminué; il s’accroissait au contraire de l’influence qu’elleacquérait de jour en jour en Europe.
Le traité de Lunéville portait en effet ses inévitables con-séquences. L’Autriche désarmée, et désormais impuissante àtous les yeux, laissait un libre cours à nos projets. La Russie,depuis la mort de Paul I er et l’avénement d’Alexandre, n’étaitplus, il est vrai, disposée à des actes énergiques contre l’An-