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[Vol. 2.]
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PAIS GÊNÉ U ALE. 109

Consul, qui, (1e son côté, le serra dans les siens. 11 traita cesjeunes époux avec une bonté paternelle, et des égards délicats,mais au travers desquels perçaient néanmoins toutes les su-périorités de la puissance, de la gloire et de l’âge. Le lende-main, le Premier Consul leur rendit visite à l’hôtel de l’am-bassadeur. Les consuls Cambacérès et Lebrun accomplirent deleur côté les devoirs prescrits, et obtinrent des jeunes prin-ces les témoignages qui leur étaient dus.

Le Premier Consul devait, à l’Opéra, présenter le comteet la comtesse de Livourne au public de Paris. Le jour con-venu pour cette présentation, il se trouva indisposé. Le con-sul Cambacérès le suppléa, et conduisit les infants à l’Opéra.Entré dans la loge des consuls, il prit le comte de Livournepar la main, et le présenta au public, qui répondit par desapplaudissements unanimes, mais sans aucune intention mali-cieuse ou blessante. Cependant les oisifs, habitués à s’épui-ser en interprétations subtiles à l’occasion des événements lesplus ordinaires, interprétaient de cent façons le voyage à Pa-ris des princes d’Espagne. Ceux qui ne cherchaient que leplaisir des bons mots, disaient que le consul Cambacérès ve-nait de présenter les Bourbons à la France. Les royalistes,qui s’obstinaient à espérer du général Bonaparte ce qu’il nepouvait ni ne voulait faire, prétendaient que c’était de sa partune manière de préparer les esprits au retour de l’anciennedynastie. Les républicains, au contraire, disaient qu’il voulait,par ces pompes royales, habituer la France au rétablisse-ment de la monarchie, mais à son propre profit.

Les ministres eurent ordre de prodiguer les fêtes aux prin-ces voyageurs. M. de Talleyrand n’avait pas besoin qu’on luien intimât l’ordre. Modèle du goût et de l’élégance sous l’an-cien régime, il l’était à bien plus juste titre sous le nouveau,et il donna au château de Neuilly une fête magnifique, où laplus belle société de France accourut, où figurèrent des nomsdepuis long-temps écartés des cercles de la capitale. La nuit,

Juillet 1801.

Diverses ma-nières d’interprè-ter la nre'sence àParis des princesd’Espagne.

Fêtes brillantesdonnées

au comte et à lacomtesse de Li-vourne.