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[Vol. 2.]
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PAIX GÉNÉRALE.

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que l’affreux malheur qui venait de frapper deux vaisseaux Août isoi.espagnols, avait jété quelque tristesse dans l’esprit de la na-tion ; et avait contribué à cette disposition chagrine, qui se ma-nifestait d’une manière si intempestive et si nuisible à la poli-tique des deux cabinets.

Le Premier Consul, parvenu au comble de l’irritation, fitrépondre sur-le-champ que les Français resteraient dans laPéninsule, jusqu’à la paix particulière de la France avec lePortugal ; que si l’armée du prince de la Paix faisait un seulpas pour se rapprocher des quinze mille Français qui étaientà Salamanque, il considérerait cela comme une déclaration deguerre, et que, si à un langage inconvenant on se permettaitd’ajouter un seul acte hostile, la dernière heure de la monar-chie espagnole aurait sonné Il enjoignit à Lucien de retour-

1 Le Premier Consul écrivait des notes courtes et vives, destinées à fournirla pensée des instructions que ses ministres devaient transmettre aux ambas-sadeurs. Voici la note envoyée au cabinet des affaires étrangères, pour servirà la rédaction de la dépêche qu’on allait expédier à Madrid. M. de Talleyrand,parti pour les eaux, était remplacé par M. Gaillard.

Au ministre des relations extérieures.

21 messidor an ix (10 juillet 1801).

Faites connaître, citoyen-ministre, à l’ambassadeur de la République àMadrid, qu’il doit se rendre à la cour, et y déployer le caractère nécessairedans cette circonstance. Il fera connaître :

Que j’ai lu le billet du général prince de la Paix ; qu’il est si ridicule qu’il nemérite pas une sérieuse réponse; mais que si ce prince, acheté pat l’Angle-terre, entraînait le roi et la reine dans des mesures contraires h l’honneur etaux intérêts de la République, la derniere heure de la monarchie espagnoleaurait sonné;

Que mon intention est que les troupes françaises restent en Espagne jus-qu’au moment où la paix de la République sera faite avec le Portugal;

Que le moindre mouvement des troupes espagnoles, ayant pour but de serapprocher des troupes françaises, serait considéré comme une déclaration deguerre ;

Que cependant je désire faire ce qu’il est possible, pour concilier les inté-rêts de la République, avec la conduite et les inclinations de Sa Majesté catho-lique;

Que, quelque chose qu’il puisse arriver, je ne consentirai jamais aux articlestrois et six;