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[Vol. 2.]
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LIVRE XI.

Août 1801. ner à Madrid, d’y déployer son caractère d’ambassadeur, etd’attendre des ordres ultérieurs. C’en était assez pour inti-mider et contenir l’indigne courtisan, qui compromettait si lé-gèrement les plus grands intérêts qu’il y eût dans l’univers.Bientôt, en effet, il écrivit les lettres les plus soumises, afin de

Que je ne m’oppose point à ce que les négociations recommencent entrel’ambassadeur de la République et M. Pinto, et qu’un protocole de négocia-tions soit tenu tons les jours ;

Que l’ambassadeur doit s’attacher à faire bien comprendre au prince de laPaix, et même au roi et à la reine, que des paroles et des notes même inju-rieuses, lorsqu’on est amis au point où nous le sommes, peuvent être considé-rées comme des querelles de famille, mais que la moindre action ou le moindreéclat serait irrémédiable ;

Que quant au roi d’Ktrurie, on lui a offert un ministre parce qu’il n’a per-sonne autour de lui, et que pour gouverner les hommes il faut y entendre quel-que chose; que cependant, sur ce qu’il a espéré trouver à Parme des hommescapables de l'aider, je n’ai plus insisté ;

Que relativement aux troupes françaises en Toscane, il fallait bien en laisserpendant deux ou trois mois, jusqu’à ce que le roi d’Etrurie eût lui-même orga-nisé ses troupes ;

Que les affaires d’Etat peuvent se traiter sans passion, et que, du reste,mon désir de faire quelque chose d’agréable à la maison d’Espagne serait bienmal payé, si le roi souffrait que l’or corrupteur de l’Angleterre pût parvenir,au moment où nous touchons au port après tant d’angoisses et de fatigues, àdésunir nos deux grandes nations; que les conséquences en seraient terribleset funestes ;

Que, dans ce moment-ci, moins île précipitation à faire la paix avec lePortugal, aurait considérablement servi pour accélérer la paix avec l’Angle-terre, etc., etc.

Vous connaissez ce cabinet; vous direz donc dans votre dépêche tout cequi peut servir à gagner du temps, empêcher des mesures précipitées, fairerecommencer les négociations, et en même temps imposer, en leur mettantsous les yeux la gravité des circonstances et les conséquences d’une démarcheinconsidérée.

Faites sentir à l’ambassadeur de la République, que si le Portugal consen-tait à laisser à l’Espagne la province d'Àlentejo jusqu’à la paix, cela pourraitêtre un mezza termine , puisque par là l’Espagne se trouverait exécuter à lalettre le traité préliminaire.

J’aime autant ne rien avoir que quinze millions en quinze mois.

Expédiez le courrier que je vous envoie, directement à Madrid.

Bonapartr.