PAIX GÉNÉRALE.
127
0
rentrer en grâce auprès de l’homme dont il craignait l’influence Aodt isoi.et l’autorité personnelles sur la cour d'Espagne.
Cependant il fallait prendre un parti sur cette étrange etinconcevable conduite du cabinet de Madrid. M. de Talleyrandétait absent alors pour raison de santé. Il se trouvait auxeaux. Le Premier Consul lui communiqua toutes les pièces,et en reçut en réponse une lettre fort sensée, contenant sonavis sur celte grave affaire.
Une guerre de notes, suivant M. de Talleyrand, ne mèneraità rien, quelque succès de raison qu’on pût se promettre, ense fondant sur les engagements pris, sur les promesses faitesde part et d’autre. La guerre contre l’Espagne, outre qu’elleéloignait du but, qui était la pacification générale de l’Europe,outre qu’elle était contraire à la véritable politique de la France,devenait une chose risible dans l’état pitoyable de la monar-chie espagnole, avec nos troupes au milieu de ses provinces,avec ses escadres à Brest. Il y avait un moyen bien plus na-turel de la punir ; c’était de céder aux Anglais l’ile espagnolede la Trinité, seule et dernière difficulté pour laquelle on re-tardait la paix du monde. L’Espagne nous avait en effet dis-pensés de tout devoir, de tout dévouement envers elle. Dansce cas, ajoutait M. de Talleyrand, il faut perdre du temps àMadrid et en gagner à Londres, en accélérant la négociationavec l’Angleterre, par la concession de la Trinité 1 .
1 Nous citons cette curieuse lettre de M. de Talleyrand:
Gknerat.
20 messidor an ix (9 juillet 1801).
Je viens de lire avec tonte l’attention dont je suis capable les lettres d’Es-pagne. Si l’on veut faire une réponse de controverse, ii nous est facile d'avoirraison, même en nous en rapportant à la lettre des trois ou quatre traités quenous avons faits cette année avec cette puissance; mais ce sont là des pagesde factum. Il faut voir si ce ne serait pas le moment d’adopter un plan définitifde conduite avec ce triste allié.
Je pars des données suivantes. L’Espagne a fait, pour me servir d’une descs expressions, avec hypocrisie la guerre contre le Portugal; elle veut défini-