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LIVRE XII.
Mars 1801.
Ce que eVtaitque le serinent.
Schisme et per*se'cution sous laLégislative et laConvention.
niés d’intentions fort pieuses. C’étaient des croyants véri-tables, des jansénistes fervents, mais des esprits étroits, en-têtés de disputes théologiques, esprits, par conséquent, fortdangereux dans les affaires humaines. Pour compléter lafaute, ils exigèrent du clergé français, qu’il prêtât sermentà la Constitution civile. C’était faire naître un cas de con-science pour les prêtres sincères, et un prétexte pour lesprêtres malveillants: c’était, en un mot, préparer un schisme.Rome, déjà blessée des malheurs du trône, fut bientôtirritée des malheurs de l’autel. Elle interdit le serment.Une partie du clergé, fidèle à sa voix, refusa de le prêter ;une autre partie y consentit, et forma, sous le titre declergé assermenté, ou constitutionnel, le clergé reconnu parl’État, et seul admis à exercer les fonctions du culte. On neproscrivit pas encore les prêtres ; on se contenta d'interdirel’exercice du sacerdoce aux uns, et d’en investir les autres.Mais les prêtres mis à l’écart furent généralement préféréspar les fidèles, parce que la conscience religieuse est suscep-tible, prompte à s’alarmer, défiante surtout du pouvoir. Ellese tournait vers les ecclésiastiques qui passaient pour ortho-doxes,'et qui semblaient persécutés. Elle s’éloignait par in-stinct de ceux dont l’orthodoxie était contestée, et qui avaientpour eux l’appui du gouvernement. Il y eut donc alors unculte public et un culte clandestin, celui-ci plus suivi quecelui-là. Les passions ennemies de la Révolution se liguèrentavec la religion offensée, et la précipitèrent dans les fautesde l’esprit de faction. D’un schisme on en vint bientôt, dansles campagnes de la Vendée, à une guerre civile effroyable. LaRévolution ne resta pas en arrière, et de la simple privationdes fonctions ecclésiastiques, elle arriva en peu de temps à lapersécution. Elle proscrivit les prêtres et les déporta. Puisvint l’abolition de tous les cultes, et la proclamation de l’Êtresuprême. Alors, prêtres soumis ou insoumis aux lois, asser-mentés ou non-assermentés , furent traités à l’égal les uns des