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[Vol. 2.]
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CONCORDAT.

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ciel, aient pu soumettre l’esprit des peuples, et lui imposerune croyance, cela s’est vu. Mais, dans les temps modernes,le créateur d’une religion serait tenu pour un imposteur; et,entouré de terreur comme Robespierre, ou de gloire comme lejeune Bonaparte, il aboutirait uniquement au ridicule.

On n’avait rien à inventer en 1800. Cette croyance pure,morale, antique, existait : c’était la vieille religion du Christ,ouvrage de Dieu suivant les uns, ouvrage des hommes suivantles autres, mais suivant tous, œuvre profonde d’un réforma-teur sublime; réformateur commenté pendant dix-huit sièclespar les conciles, vastes assemblées des esprits éminents dechaque époque, occupés il discuter, sous le titre d’hérésies,tous les systèmes de philosophie, adoptant successivement,sur chacun des grands problèmes de la destinée de l’homme,les opinions les plus plausibles, les plus sociales, les adoptant,pour ainsi dire, à la majorité du genre humain, arrivant enfin àproduire ce corps de doctrine invariable, souvent attaqué, tou-jours triomphant, qu’on appelle ijnité catholique, et au piedduquel sont venus se soumettre les plus beaux génies! Elleexistait, cette religion, qui avait rangé sous son empire tousles peuples civilisés, formé leurs moeurs, inspiré leurs chants,fourni le sujet de leurs poésies, de leurs tableaux, de leurs sta-tues , empreint sa trace dans tous leurs souvenirs nationaux,marqué de son signe leurs drapeaux, tour à tour vaincus ou vic-torieux! Elle avait disparu un moment dans une grande tem-pête de l’esprit humain; mais, la tempête passée, le besoin decroire revenu, elle s’était retrouvée au fond des Ames, comme lacroyance naturelle et indispensable de la France et de l'Europe.

Quoi de plus indiqué, de plus nécessaire en 1800, que derelever cet autel de saint Louis, de Charlemagne et de Clovis,un instant renversé? Le général Bonaparte, qui eût été ridi-cule s’il avait voulu se faire prophète ou révélateur, était dansle vrai rôle que lui assignait la Providence, en relevant deses mains victorieuses cet autel vénérable, en y ramenant par

Mars 1801.

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Motifs

qui portent lePremier Consulà rétablir leculte catholique,

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