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LIVKE XII.
Mars mij moins dangereux que les précédents. Oui, sans doute, disaitj le Premier Consul, il me faut un pape, mais il me faut un
! pape qui rapproche au lieu de diviser, qui réconcilie les es-
( prits, les réunisse, et les donne au gouvernement sorti de laRévolution, pour prix de la protection qu’il en aura obtenue.Et, pour cela, il me faut le vrai Pape, catholique, apostolique etromain, celui qui siège au Vatican. Avec les armées françaises etdes égards, j’en serai toujours suffisamment le maître. Quand je| relèverai les autels, quand je protégerai les prêtres, quand je les| nourrirai et les traiterai comme les ministres de la religion méri-tent de l’être en tous pays, il fera ce que je lui demanderai, dansl’intérêt du repos général. Il calmera les esprits, les réunira soussa main, et les placera sous la mienne. Hors de là, il n’y a que| continuation et aggravation du schisme désolant qui nous dé-‘ vore, et pour moi un immense, un ineffaçable ridicule.
Le Premier Con-sul écarte l’idee
Le PremierCo\i- Quant à l’idée de pousser la France au protestantisme, elle
oui l’inila
de pousser paraissait au Premier Consul plus que ridicule, elle lui parais-
la France aupro*
testantisme. sa it odieuse. D’abord il croyait qu’il n y réussirait pas davan-tage. On s’imaginait à tort, suivant lui, qu’en France on pou-vait tout ce qu’on voulait. C’était une erreur peu honorablepour ceux qui la commettaient, car ils supposaient la Francesans conscience et sans opinion. Il ferait, disait-on, tout cequ’il voudrait ; oui, répondait-il, mais dans le sens des be-soins, vrais et sentis de la France. Elle était dans un trouble ,profond, et il lui avait apporté le calme le plus parfait ; il l’a—j. vait trouvée en proie à des anarchistes, qui commençaientmême à ne plus savoir la défendre contre l’étranger, et il avaitdispersé ces anarchistes, rétabli l’ordre, renvoyé loin desfrontières les Autrichiens et les Russes, donné la paix donton était avide; il avait fait cesser, en un mot, les scandalesd’un gouvernement faible et dissolu: était-il bien étonnanttju’on lui laissât faire de telles choses ? Et encore, tout ré-cemment, les opposants du Tribunat avaient voulu lui refuserle moyen de purger les grandes routes des brigands qui les