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[Vol. 2.]
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L1V11E XII.

Mars 1801. choses. Il n’y a pas une plus admirable institution que celle| qui maintient l’unité de la foi, et prévient, autant du moinsi qu’il est possible, les querelles religieuses. Il n’y a rien deplus odieux qu’une foule do sectes se disputant, s’invectivant,\ se combattant à main armée si elles sont dans leur premièrechaleur, ou, si elles ont pris l’habitude de vivre à côté lesunes des autres, se regardant d’un œil jaloux, formant dansl’État des coteries qui se soutiennent, poussent leurs sujets,écartent ceux des sectes rivales, et donnent au gouvernement

I des embarras de toute espèce. Les querelles de sectes sontles plus insupportables que l’on connaisse. La dispute est lepropre de la science; elle l’anime, la soutient, la conduit auxdécouvertes. La dispute en fait de religion, à quoi conduit-elle, sinon à l’incertitude, à la ruine de toute croyance? D’ail-leurs , lorsque l’activité des esprits se dirige vers les contro-verses théologiques, ces controverses sont tellement absor-bantes , qu’elles détournent la pensée de l’homme de touteslies recherches utiles. On rencontre rarement ensemble une{grande controverse théologique, et do grands travaux de l’es-Jprit- Les querelles religieuses sont ou cruelles et sanguinaires,jou sèches, stériles, amères: il n’y en a pas de plus odieuses,f L’examen en fait de science, la foi en matière de religion, voilàI le vrai, l’utile. L’institution qui maintient l’unité de la foi,( c’est-à-dire le Pape, gardien de l’unité catholique, est uneinstitution admirable. On reproche à ce chef d’être un sou-verain étranger. Ce chef est étranger, en effet, et il faut enj remercier le ciel. Quoi 1 dans le même pays, se figure-t-on| une autorité pareille à côté du gouvernement de l’État? Réu-| nie au gouvernement, cette autorité deviendrait le despotismedes sultans ; séparée, hostile peut-être, elle produirait une ri-valité affreuse, intolérable. Le Pape est hors de Paris, et celaest bien; il n’est ni à Madrid ni à Vienne, et c’est pourquoinous supportons son autorité spirituelle. A Vienne, à Madrid,on est fondé à en dire autant. Croit-on que, s’il était à Paris,