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LIVRE XII.
Mars 1801.
Persévérance duPremier Consuldans ses idées.
Efforts
de l'abbéBernierpour amener àbien la négocia-tion entrepriseavec
le Saint-Siege.
le renouvellement des biens de main-morte, et recommençaitl’ancien ordre de choses, c’est-à-dire un clergé propriétaire.
Enfin, le pardon accordé aux prêtres mariés, et leur récon-ciliation avec l’Eglise, était une affaire d’indulgence, facile dela part de la cour de Rome, qui est toujours disposée à par-donner, quand la faute est reconnue par celui qui l’a commise.Elle exceptait toutefois du pardon deux classes de prêtres, lesanciens religieux qui avaient fait certains vœux, et les prélats.Ce n’était pas une manière de concilier au Saint-Siège labonne volonté du ministre des affaires étrangères, M. de Tal-leyrand.
Ces prétentions de la cour de Rome, bien qu’elles n’impli-quassent pas une véritable impossibilité de s’entendre avecle gouvernement français, laissaient apercevoir néanmoins degraves dissentiments.
Le Premier Consul en éprouvait, et en témoignait une viveimpatience. Il avait vu plusieurs fois monsignor Spina, et luiavait déclaré lui-méme qu’il ne se départirait jamais du prin-cipe fondamental de son projet, qui consistait à faire table rase,à composer une nouvelle circonscription et un nouveau clergé,à déposer les anciens titulaires, à prendre leurs successeursdans toutes les classes de prêtres. Il lui avait dit que la fu-sion des hommes honnêtes et sages de tous les partis, étaitson principe de gouvernement, qu’il appliquerait ce principeà l’Église comme à l’État, que c’était pour lui le seul moyende terminer les troubles de la France, et qu’il y persisteraitinvariablement. x
L’abbé Rernier, qui, à l’ambition très-avouable d’être leprincipal instrument du rétablissement de la religion, joignaitun sincère amour du bien, adressait à monsignor Spina lesplus vives instances pour lever les difficultés qu’on opposait,de la part de la cour de Rome, au projet du Premier Consul.Déclarer, disait-il, la religion catholique religion de l’Etal, étaitimpossible, contraire aux idées reçues en France, et ne serait