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[Vol. 2.]
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LIVRE XII.

Mars i8üi. surtout au profil des prêtres insermentés; il choisirait deux outrois constitutionnels, uniquement pour l’exemple, mais enmasse il n’apellerait que des orthodoxes. Le négociateur fran-çais savançait ici pour son propre compte, plus qu’il n’auraitdù. Il est 'vrai que le Premier Consul estimait peu les évêquesconstitutionnels, qui étaient pour la plupart des jansénistesétroits ou des déclamateurs de clubs; il est vrai qu’il n’esti-mait dans ce clergé que les simples prêtres, lesquels, en gé-néral, avaient prêté serment par soumission aux lois, par désirde continuer leur saint ministère, et n’avaient pas profité del’agitation du temps, pour s’élever dans la hiérarchie sacerdo-tale. Néanmoins, s’il avait peu de considération pour lesévêques constitutionnels, il tenait à son principe de fusion, etne faisait pas aussi bon marché, que semblait l’annoncer l’abbéBernier, des droits du clergé assermenté. Mais l’abbé Bornierle disait ainsi pour faire réussir la négociation. Quant à lanomination des évêques par le Premier Consul, il fallait, sui-vant l’abbé Bernier, passer par-dessus une difficulté fort éloi-gnée, fort improbable, celle d’avoir un jour un Premier Consulprotestant. Ce n’était pas la peine, suivant lui, de regarder àun avenir si peu vraisemblable. Relativement aux biens duclergé, il fallait se hâter de s’entendre sur la rédaction, puis-qu’on était d’accord sur le principe. Relativement à la resti-tution des biens non vendus, et aux donations testamentairesen biens fonds, elles étaient inconciliables avec les principespolitiques aujourd’hui reconnus en France, principes absolu-ment contraires aux biens de main-morte. On devait se con-tenter à cet égard d’une concession, celle de donations con-stituées en rentes sur l’État.

Le temps, disait enfin l’abbé Bernier, le temps était venude conclure, car le Premier Consul commençait à être mé-content. Il croyait que le Pape n’avait pas la force de rompreavec le parti émigré, pour se donner tout à fait à la France.11 finirait par renoncer au bien dont il avait eu d’abord la