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[Vol. 2.]
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CONCORDAT.

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pensée, et, sans persécuter les prêtres, les livrant à eux-mémes, Mars îæi.il laisserait l’Église devenir en France ce qu’elle pourrait, sanscompter qu’il tiendrait en Italie une conduite hostile à la courde Rome. C’était, suivant l’abbé Bernier, c’était avoir perdutout discernement, que de ne pas profiter des dispositions d’unsi grand homme, seul capable de sauver la religion. Lui aussiavait de grandes difficultés à vaincre à l’égard du parti révolu-tionnaire ; et, loin de le contrarier, on devait l’aider à surmon-ter ces difficultés, en lui faisant les concessions dont il avaitbesoin pour regagner les esprits, peu disposés en France enfaveur du culte catholique.

Monsignor Spina commençait à être fort embarrassé. Il étaitcroyant, et plus avide encore que croyant. Demandant sanscesse de l’argent à sa cour, son vœu le plus ardent était de larendre riche et prodigue comme jadis. Mais le peu de succèsde ses insinuations relativement aux provinces perdues le dé-courageait singulièrement. Il s’apercevait que le Premier Con-sul, aussi rusé que les prêtres italiens, ne voulait pas s’expli-quer avec des gens qui ne s’expliquaient pas eux-mêmes. Ilvoyait en outre toutes les cours pour ainsi dire à ses pieds ; ilvoyait le négociateur russe, M. de Kalitscheff, qui avait vouluprotéger si insolemment les petits princes d’Italie, molesté etparti, toute l’Allemagne dépendante de la France pour le par-tage des indemnités territoriales, le Portugal soumis, et l’An-gleterre elle-même amenée à la paix par la fatigue. En pré-sence d’un tel état de choses, il était convaincu qu’il n’y avaitplus d’autre ressource que de se soumettre, et d’attendre cequ’on désirait de la seule volonté du Premier Consul. Disposéà céder, monsignor Spina n’osait pas toutefois adhérer auxconditions si absolues que le cabinet français avait posées avecla résolution évidente de ne pas s’en départir, parce qu’ellesétaient établies d’après les nécessités impérieuses de la si-tuation.

Le Premier Consul, avec sa vigueur accoutumée, tira d’em-