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LIVRE XII.
ivrii 1801. l’Église romaine. On leur lit promettre le secret sur les saintsÉvangiles. Le Pape, craignant les menées, les cris des émi-grés français, cherchait à soustraire la décision du sacré col-lège à toute influence de parti. De son côté donc, les effortsfurent d’une parfaite sincérité. Il avait auprès de lui un mi-nistre français entièrement de son goût: c’était M. de Cacault,homme de cœur et d’esprit, partagé entre les souvenirs dudix-huitième siècle, auquel il appartenait par son âge et sonéducation, et les sentiments que Rome inspire à tous ceuxqui vivent au milieu de sa grandeur ruinée, et de ses pom-pes religieuses. En partant de Paris, M. de Cacault avait de-mandé au Premier Consul ses instructions. Celui-ci lui avaitrépondu par ce mot superbe : Traitez le Pape comme s’il avaitdeux cent mille soldats. — M. de Cacault aimait Pie VII et legénéral Bonaparte, et, par ses rapports bienveillants, lesdisposait à s’aimer l’un l’autre.— Fiez-vous au Premier Con-sul, disait-il sans cesse au Pape; il arrangera vos affaires.Mais faites ce qu’il vous demande, car il a besoin de ce qu’ilvous demande pour réussir. — Il disait au Premier Consul :Prenez un peu de patience. Le Pape est le plus saint, le plusattachant des hommes. Il veut vous satisfaire, mais donnez-lui-en le temps. Il faut habituer son esprit et celui des car-dinaux , aux propositions absolues que vous envoyez ici. Onest à Rome plus croyant que vous ne le pensez. Il faut menercette cour avec douceur. Si nous la brusquons, nous lui feronsperdre la tête. Elle se jettera dans une résolution de martyre,comme la seule ressource de sa situation. — Ces sages conseilstempéraient l’impétuosité du Premier Consul, et le disposaient àsouffrir patiemment le méticuleux examen de la cour de Rome.
Enfin, quand le travail fut achevé, le Pape et le cardinalConsalvi eurent plusieurs entretiens avec M. de Cacault. Ilslui communiquèrent le projet romain. M. de Cacault, le trou-vant trop distant du projet français, fit des efforts réitéréspour obtenir des modifications. Il fallut recourir une seconde