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[Vol. 2.]
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LIVRE XII.

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Mai îaa.

Démarché duPremier Consulpour terminer leshésitations de lacour de Rome.

Sur les autres points, le projet romain était à peu prés con-forme au projet français. II accordait les nominations au Pre-mier Consul, sauf le cas où le Premier Consul serait protes-tant; il contenait la consécration des ventes nationales, maisen persistant à demander qu’on pût faire au clergé des donstestamentaires en biens-fonds; il concédait aux prêtres mariésles indulgences de l’Église.

Évidemment, la difficulté la plus sérieuse était la déposi-tion des anciens évêques qui refuseraient leur démission. Untel sacrifice coûtait au Pape, car c’était immoler aux piedsmêmes du Premier Consul l’ancien clergé français. Cependantcette immolation était indispensable, pour que le PremierConsul pût supprimer à son tour le clergé constitutionnel, etdes divers clergés n’en faire qu’un seul, composé des sujetsestimables de toutes les sectes. C’était l’une de ces occasions,où, dans tous les siècles, la papauté n’avait pas hésité àprendre de grandes résolutions pour sauver l’Église. Mais, aumoment de se résoudre, l’âme bienveillante et timoréedu pontife était en proie aux plus douloureuses perplexités.

Tandis que l’on employait ainsi le temps à Home, soit enconférences des cardinaux entre eux, soit en conférences dela secrétairerie d’État avec M. de Cacault, le Premier Consulà Paris avait perdu patience. Il commençait à craindre que lacour de Rome ne fût en intrigue, ou avec les émigrés, ou avecles cours étrangères, l’Autriche notamment. A sa défiancenaturelle, se joignaient les suggestions des ennemis de la re-ligion, qui cherchaient à lui persuader qu’on le trompait, etque lui, si pénétrant, si habile, était dupe de la finesse ita-lienne. Il était peu disposé h croire qu’on pût être plus finque lui, mais il voulut cependant jeter la sonde dans cettemer qu’on lui disait si profonde, et, le jour même (13 mai),où le courrier porteur des dépêches du Saint-Siège quittaitRome, il fit à Paris une démarche menaçante.

Il manda l’abbé Bernier, monsignor Spina, et M. de Talley-