200
LIVRE XII.
Juin 1801.
Accord sur toustes points con-testes.
Derniers effortstentes par les ad-versaires du Con-cordat pour enempêcherla signature.
tion de les doter de la part de l’État. L’engagement de ne pastroubler les acquéreurs de biens nationaux était formel. Lapropriété des biens acquis leur était expressément reconnue.Il était dit que le gouvernement pendrait des mesures pourque le clergé fût convenablement salarié, pour que tous lesanciens édifices du culte et tous les presbytères non èncorealiénés lui fussent rendus. Il était convenu que la permissionde faire des donations pieuses serait accordée aux fidèles,mais que l’État en réglerait la forme. On s’était secrètementmis d’accord sur cette forme, qui était celle de rentes sur legrand livre, vu que le Premier Consul ne voulait à aucun prixrétablir les biens de main-morte. Cette disposition devaitse trouver dans des règlements ultérieurs sur la policedes cultes, que le gouvernement avait seul le pouvoir de faire.
Quant aux prêtres mariés, le cardinal avait donné sa pa-role qu’un bref d’indulgence serait immédiatement publié;mais il demandait qu’un acte de charité religieuse, émanantde la clémence du Saint-Père, conservât son caractère libre,spontané, et ne passât point pour une condition imposée auSaint-Siège. Cette considération fut accueillie.
On était enfin d’accord sur toutes choses, et d’après desbases raisonnables, qui garantissaient à la fois l’indépendancede l’Église française, et sa parfaite' union avec le Saint-Siège.Jamais on n’avait fait avec Rome une convention plus libérale,et en même temps plus orthodoxe ; et il faut reconnaître qu’onavait arraché au Pape une résolution grave, mais parfaite-ment justifiée par les circonstances, celle de déposer les an-ciens titulaires qui refuseraient de se démettre. Il fallait doncse tenir pour satisfait, et conclure.
Cependant on s’agitait autour du Premier Consul pour em-pêcher son consentement définitif. Les hommes qui l’appro-chaient ordinairement, et qui jouissaient du privilège de luidonner leurs conseils, combattaient sa détermination. Le partidu clergé constitutionnel se remuait beaucoup, dans la crainte