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[Vol. 2.]
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LIVRE XII.

Juillet 1801. voulait en satisfaire. On parla d’un projet de simple tolérance,qui consisterait seulement à rendre les édifices religieux, tantaux prêtres insermentés qu’aux prêtres assermentés, et à de-meurer spectateur paisible de leurs querelles, sauf à inter-venir si l’ordre matériel venait à être troublé.

Opinion du con- Le consul Cambacérès, fort partisan du Concordat, s’exprima

sul Cambacérès. . .

sur ce sujet avec chaleur, et répondit victorieusement a toutesles objections. Il soutint que le danger de froisser l’espritfrançais n’était vrai qu’à l’égard de quelques beaux espritsfrondeurs, mais que les masses accueilleraient volontiers lerétablissement du culte, et en éprouvaient déjà un vrai besoinmoral; que la considération de la dépense était une considé-ration méprisable en pareille matière ; que les biens nationauxétaient, au contraire, garantis plus solidement que jamais parla consécration des ventes obtenue du Saint-Siège. M. Cam-bacérès fut en cet endroit interrompu par le Premier Consul,qui, toujours inflexible quand il s’agissait des biens nationaux,déclara qu’il faisait le Concordat, précisément à cause des ac-quéreurs de ces biens, particulièrement dans leur intérêt, etqu’il écraserait de sa puissance les prêtres assez sots ou assezmalveillants, pour abuser du grand acte qu’on allait faire.Le consul Cambacérès, reprenant son allocution, montra cequ’il y avait de ridicule, d’inexécutable dans ce projet d’indif-férence entre des partis religieux, qui se disputeraient la con-fiance des fidèles, les édifices du culte, les dons volontairesde la piété publique, qui donneraient au gouvernement lesennuis d’une intervention active, sans aucun de ses avantages,et aboutiraient peut-être à la réunion de toutes les sectes dansune seule Église ennemie, indépendante de l’État, et dépen-dante d’une autorité étrangère.

Le consul Lebrun parla dans le même sens, et enfin le Pre-mier Consul se prononça en peu de mots, d’une manière nette,précise et péremptoire. Il connaissait les difficultés, les périlsmême de son entreprise ; mais la profondeur de ses vues allait