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LIVRE XII.
Octob. i8oi. Premier Consul avait exprimé lui-même le désir d’avoir auprèsde sa personne ce prince de l’Église. Le Pape se liàta de sa-tisfaire à ce désir, et fit même de grands efforts pour vaincrela résistance du cardinal, âgé, malade, et peu disposé à re-commencer la carrière laborieuse de sa première jeunesse.Cependant cette répugnance fut vaincue par les vives instan-ces du Saint-Père, et par l’intérêt pressant de l'Église. LePape voulut conférer au cardinal Caprara la plus haute dignitédiplomatique de la cour romaine, celle de légat a Intere. Celégat les pouvoirs les plus étendus; il est précédé partoutde la croix ; il peut tout ce qui se peut loin du Pape. Pie Vilrenouvela en cette occasion les antiques cérémonies, dans les-quelles on remettait aux représentants de saint Pierre le signevénéré de leur mission. Un grand consistoire fut convoqué denouveau, et, en présence de tous les cardinaux, de tous lesministres étrangers, le cardinal Caprara reçut la croix d’ar-gent, qu’il devait faire porter devant lui dans cette Francerépublicaine, étrangère depuis long-temps aux pompes catho-liques.
Le Premier Consul, sensible à la conduite cordiale du Pape,lui témoigna en retour les plus grands égards. Il prescrività Mural d’épargner aux États romains les passages de troupes ;il fit évacuer par les Cisalpins le petit duché d’Urbin, que cesderniers avaient envahi sous le prétexte d’une contestation delimites. Il annonça la prochaine évacuation d’Ancône, et, enattendant, envoya des fonds pour en payer la garnison, afinde soulager le trésor pontifical de cette dépense. Les Napoli-tains s’obstinant à occuper deux enclaves appartenant auSaint-Siège, Bénévent et Ponte-Corvo, reçurent de nouveaul’injonction d’en sortir. Le Premier Consul fit enfin prépareret meubler avec luxe un des beaux hôtels de Paris, afin d’vloger, aux frais du trésor français, le cardinal Caprara.
Les ratifications avaient été échangées, les bulles approu-vées, les brefs allaient être expédiés dans toute la chrétienté