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L1VRK XII.
Octub. 1801.
Demande de leurdémission à tousles anciens titu-laires.
scription diocésaine et les choix des nouveaux évéques. Cesdémissions demandées par le Pape à l’ancien clergé français,étaient dans ce moment l’objet de l’attention générale. On dé-sirait savoir de toutes parts, comment serait accueilli ce grandacte, du Pape et du Premier Consul, se tenant par la main, etdemandant aux anciens ministres du culte, amis ou ennemisde la Révolution, répandus en Russie, en Allemagne, en An-gleterre , en Espagne, leur demandant de sacrifier leur po-sition, leurs affections de parti, l’orgueil même de leursdoctrines, pour faire triompher l’unité de l’Église, et ré-tablir la tranquillité intérieure de la France. Combien y enaurait-il qui seraient assez sensibles à ce double motif, pourimmoler tant de sentiments et d’intéréts personnels à lafois? Le résultat prouva la sagesse du grand acte que fai-saient en ce moment le Pape et le Premier Consul ; ilprouva l’empire que pouvait exercer sur les âmes, l’amourdu bien noblement invoqué par un saint pontife et un héros.
Les brefs adressés aux évêques orthodoxes et aux évéquesconstitutionnels n’étaient pas les mêmes. Le bref destiné auxévêques qui s’étaient refusés à reconnaître la Constitution ci-vile du clergé, les considérait comme légitimes titulaires deleurs sièges, leur demandait de se démettre au nom de l’inté-rêt de l’Église, en vertu d’une offre faite jadis à Pie VI, et, encas de refus, les déclarait déchus. Le langage en était affec-tueux , affligé, mais plein d’autorité. Le bref adressé aux con-stitutionnels était paternel aussi, respirait l’indulgence la plusdouce, mais ne parlait pas de démission, vu que l’Église n’a-vait jamais reconnu les constitutionnels comme évéques légi-times. Il leur demandait d’abjurer d’anciennes erreurs, derentrer dans le sein de l’Église, et de terminer un schisme quiétait à la fois un scandale et une calamité. C’était une manièrede provoquer leur démission sans la réclamer, car la réclamereût été une reconnaissance de leur titre que le Saint-Siège nepouvait faire.