CONCORDAT.
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Il faut rendre une égale justice à tous les hommes qui faci-litèrent ce grand acte de réunion. Les évêques constitution-nels dont quelques-uns auraient voulu résister, mais dont lamajorité, bien conseillée, désirait franchement seconder lePremier Consul, se démirent en masse. Le bref, quoiqueplein de cordialité, les blessait, parce qu’il ne parlait que doleurs erreurs, et non de leur démission. Ils imaginèrent uneforme d’adhésion aux volontés du Pape, qui, sans impliqueraucune rétractation du passé, impliquait néanmoins leur sou-mission et leur démission. Ils déclarèrent qu’ils adhéraient aunouveau Concordat, et se dépouillaient en conséquence deleur dignité épiscopale. Ils étaient environ cinquante. Tousse soumirent, un seul excepté, l’évêque Saurine, homme d’uneimagination fort vive, d’un zèle religieux plus ardent qu’éclairé,prêtre d’ailleurs de mœurs pures, que le Premier Consul ap-pela plus tard à des fonctions épiscopales, après l’avoir faitagréer au Pape.
Cette partie de l’œuvre n’était pas la plus difficile. Elle étaitd’ailleurs la plus immédiatement réalisable, parce que lesconstitutionnels étaient presque tous à Paris, sous la main duPremier Consul, et sous l’influence des amis, qui s’étaient con -stitués leurs défenseurs et leurs guides.
Les évêques non assermentés étaient répandus dans toutel’Europe. Il y en avait cependant un certain nombre en France.L’immense majorité offrit un noble exemple de piété et desoumission évangéliques. Sept résidaient à Paris, huit dansles provinces, en tout quinze. Pas un n’hésita dans la réponseà faire au Pontife, et au nouveau chef de l’État. Ils la firentsurtout dans un langage digne des plus beaux temps de l’Église.Le vieux évêque de Bellov, prélat vénérable, qui avait rem-placé M. de Belsunce à Marseille, et qui était le modèle de l’an-cien clergé, se hâta de donner à ses confrères le signal del’abnégation. «Plein, disait-il, de vénération et d’obéissance«pour les décrets de Sa Sainteté, et voulant toujours lui être
Octob. 1801.
Démissiondonnée en massepar les évêquesconstitutionnels.
jN'oble réponsedes anciens titu-laires du clergéorthodoxe,à la sommationdu Pape.