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LIVRE XII.
Nov. i8oi. <c uni de cœur et d’esprit, je n’hésite pas à remettre entre les« mains du Saint-Père ma démission de l’évêché de Marseille.«Il suffit qu’elle l’estime nécessaire à la conservation de la« religion en France pour que je m’y résigne.»
L’un des plus savants évêques du clergé français, l’histo-rien de Bossuet et de Fénélon, l’évéque d’Alais écrivait: « Ileu-« reux de pouvoir concourir par ma démission, autant qu’il est« en moi, aux vues de sagesse, de paix et de conciliation, que« Sa Sainteté s’est proposées, je prie Dieu de bénir ses pieu-« ses intentions, et de lui épargner les contradictions qui pour-« raient affliger son cœur paternel.»
L’évêque d’Acqs écrivait au Saint-Père : « Je n’ai pas balancé«un moment à m’immoler, dès que j’ai appris que ce doulou-« reux sacrifice était nécessaire à la paix de la patrie et au«triomphe de la religion... Qu’elle sorte glorieuse de ses rui-«nes! qu’elle s’élève, je no dirai pas seulement sur les débris« de tous mes intérêts les plus chers, de tous mes avantages«temporels, mais sur mes cendres mêmes, si je pouvais lui« servir de victime expiatoire !... Que mes concitoyens revien-«nent à la concorde, à la foi, et aux saintes mœurs! Jamais« je ne formerai d’autres vœux pendant ma vie, et ma mort« sera trop heureuse si je les vois accomplis.»
Confessons-le, c’est une belle institution, que celle qui in-spire ou commande de tels sacrifices, et un tel langage. Lesplus grands noms de l’ancien clergé et de l’ancienne France,les Rohan, les Latour-du-Pin, les Castellane, les Polignac, lesClermont-Tonnerre, les Latour - d’Auvergne, se faisaient re-marquer sur la liste des démissionnaires. 11 y avait un en-trainement général, qui rappelait les généreux sacrifices del’ancienne noblesse française dans la nuit du 4 août. C’étaitle même empressement à faciliter, par un grand acte d’abno-gation, l’exécution de ce Concordat, que M. de Cacaull avaitappelé l’œuvre d’un héros et d’un saint.