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[Vol. 2.]
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LIVKE XIII.

Piuv. îwi. fatiguer de sa propre inaction. Modéré, et même monarchique

m. Siejès dans ses opinions, il aurait dû approuver les actes du Prc-

et l’opposition ^ 1 A

du sénat, mier Consul ; mais des causes, les unes inévitables, les autresaccidentelles, commençaient à les brouiller. Ce grand espritspéculatif, réduit à tout voir, à ne rien faire, devait jalouserle génie actif et puissant, qui allait chaque jour s’emparantde la France et du monde. M. Sieyès, dans les magnifiquesœuvres du général Bonaparte, voyait déjà le germe de sesfautes futures, et, s’il ne le disait pas encore très-hautement,il l’indiquait quelquefois par son silence, ou par un trait deson langage, profond comme sa pensée. Peut-être des mé-nagements de tous les instants auraient pu le calmer, le ratta-cher au Premier Consul. Mais celui-ci s’était un peu trop tôtregardé comme quitte envers M. Sieyès par le don de la terrede Crosne, et d’ailleurs, absorbé par ses travaux immenses,il avait trop négligé l’homme supérieur qui lui avait si noble-ment cédé la première place au 18 brumaire. M. Sieyès, oisif,jaloux, blessé, trouvait à redire môme dans l’immensité dubien présent, et se montrait morose, froidement improbateur.Le Premier Consul n’était pas assez maître de son humeurpour laisser tous les torts à ses adversaires. Il parlait cavaliè-rement de la métaphysique de M. Sieyès, de son ambition im-puissante, et tenait à ce sujet mille propos, immédiatement ré-pétés et envenimés par les malveillants. M. Sieyès avait à sescôtés quelques amis, tels que M. de Tracy, esprit distingué,mais point religieux, philosophe original dans une école quil’était peu, caractère respectable; M. Garat, philosophe disert,plus prétentieux que profond ; M. Cabanis, voué à l’étude del’homme matériel, et ne voyant rien au delà des bornes dela matière; M. Lanjuinais, dévot sincère, honnête homme vé-hément, qui avait noblement défendu les Girondins, et quiaujourd’hui s’échauffait volontiers à l’idée de résister au nou-veau César. Ils entouraient M. Sieyès, et formaient dans le Sé-nat une opposition déjà sensible. Le Concordat leur paraissait,