LE TRIBUNAT.
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à eux comme à beaucoup d’autres, la preuve la plus frappanted’une contre-révolution prochaine.
Le Premier Consul, voyant la France et l’Europe enchantéesde ses œuvres, ne comprenait guère que les seuls improba-teurs de ces mêmes œuvres, se trouvassent précisément au-tour de lui. Dépité de cette opposition, il appelait les oppo-sants du Sénat des idéologues, menés par un boudeur, quiregrettait l’exercice du pouvoir dont il était incapable ; il ap-pelait les gens du Tribunat des br ouillo ns, auxquels il sauraitbien rompre en visière, et prouver qu’on ne l’effrayait pasavec du bruit; il appelait les mécontents plus ou moins nom-breux du Corps législatif, des prêtres défroqués, des jansé-nistes, que l’abbé Grégoire, d’accord avec l’abbé Sieyès, cher-chait à organiser en opposition contre le gouvernement; maisil disait qu’il briserait toutes ces résistances, et qu’on ne l’ar-rêterait pas facilement dans le bien qu’il voulait accomplir.N’ayant pas vécu dans les assemblées, il ignorait cet art deménager les hommes, que César lui-même, si puissant qu’ilfût, ne négligeait pas, et qu’il avait appris dans le Sénat deRome. Le Premier Consul exprimait son déplaisir, publi-quement, audacieusement, avec le sentiment de sa force etde sa gloire, et n’écoutait guère le sage Cambacérès, qui,fort expérimenté dans le maniement des assemblées, luiconseillait vainement la mesure et les égards. — Il faut, ré-pondait le Premier Consul, prouver à ces gens-là qu’on ne lescraint pas ; et ils auront peur à condition qu’on n’ait pas peursoi-même. — C’était déjà, comme on le voit, les mœurs, lesidées de la royauté pure, à mesure qu’on approchait du mo-ment où la monarchie allait devenir inévitable.
L’opposition n’éclatait pas seulement dans les corps del’Etat, mais dans l’armée. La masse de l’armée, comme lamasse de la nation, sensible aux grands résultats obtenus de-puis deux ans, était entièrement dévouée au Premier Consul.Toutefois, parmi les chefs, se trouvaient des mécontents, les
Nov. 1801.
Manière
dont le PremierConsul supportel'opposition.
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Opposition militaire.