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[Vol. 2.]
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LIVRE XIII.

Nor. 1801 ,

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uns sincères, les autres seulement jaloux. Les mécontents sin-cères étaient les révolutionnaires de bonne foi, qui voyaientavec peine le retour des émigrés, et l’obligation prochained’aller montrer leurs uniformes dans les églises. Les mécon-tents, par jalousie, étaient ceux qui voyaient avec chagrin unégal, les ayant surpassés d’abord en gloire, prêt maintenant àdevenir leur maître. Les premiers appartenaient davantageà l’armée d’Italie, qui avait toujours été franchement révolu-tionnaire; les seconds, à l’armée du Rhin, calme, modérée,mais un peu envieuse.

Les chefs de l’armée d’Italie, généralement dévoués auPremier Consul, mais ardents dans leurs sentiments, n'ai-mant ni les prêtres ni les émigrés, se plaignaient qu’on voulûtfaire d’eux des gens d’église, et disaient tout cela dans la.langue originale, et peu séante des soldats. Augereau, Lannes,mauvais politiques, mais guerriers héroïques, surtout le se-cond, qui était un homme de guerre accompli, se permet-taient les plus étranges discours. Lannes, devenu comman-dant en chef de la garde consulaire, en administrait la caisseavec une prodigalité connue et autorisée par le Premier Con-sul. Un hôtel richement défrayé servait à l’état-major de cettegarde. Lannes y tenait table ouverte pour tous ses camarades,et là, dans des festins soldatesques, se répandait en invec-

tives contre la marche du gouvernement. Le Premier Consuln’avait pas à craindre que le dévouement de ces soldats oisifsen fût altéré à son égard. Au premier signal, il était sûr de lesretrouver tous, et Lannes plus qu’aucun autre. Cependantil était dangereux de laisser aller plus loin ces têtes et ceslangues, et il manda Lannes chez lui. Celui-ci, habitué à unegrande familiarité avec son général en chef, se permit quel-ques emportements, bientôt réprimés par la tranquille supé-riorité du Premier Consul. Il s’en alla malheureux de sa faute,malheureux du mécontentement qu’il avait encouru. Dans unmouvement d’honorable susceptibilité, il voulut payer les dé-