LE TRIBUN Aï.
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penses qui avaient pesé sur la caisse de la garde, du consen- Noy. isoi.tement du Premier Consul. Mais ce général, qui avait tant faitla guerre en Italie, ne possédait presque rien. Augereau, toutaussi inconsidéré, mais excellent cœur, lui prêta une sommequi composait tout son avoir, et lui dit: Tiens, prends cetargent, va trouver cet ingrat pour lequel nous avons versénotre sang, rends-lui ce qui est dû. à la caisse, et ne soyonsplus ses obligés, ni les uns ni les autres. — Le Premier Con-sul ne permit pas à ces anciens compagnons d’armes, héroset enfants tout à la fois, de s’affranchir de leur affection enverslui. Il les dispersa. Lannes fut destiné à une ambassadeavantageuse, celle du Portugal. C’est le consul Cambacérès etqui fut chargé de cet arrangement. Augereau eut ordred’être plus circonspect à l’avenir, et de retourner à sonarmée.
Cependant ces scènes, fort exagérées par la malveillancequi les propageait en les défigurant, produisaient sur l’opinionpublique, notamment dans les provinces, un effet fâcheux.
Nulle part elles ne valaient un improbateur au Premier Con-sul, auquel on était disposé à donner raison contre toute op-position; mais elles inspiraient l’inquiétude, et faisaientcraindre des difficultés graves pour le pouvoir dont on invo-quait l’établissement *.
Lanneséloigne' Je Paris,envoyé' en am-bassade.
1 Voici le passage d’une lettre de M. de Talleyrand, qui quelque temps aprèss était rendu à Lyon pour l’organisation de la Consulte italienne :
«Général,
Lyon, le 7 nivôse an x (28 décembre 1801).
«J’ai l’honneur de vous informer de mon arrivée à Lyon aujourd’hui auneheure et demie du matin. La route de Bourgogne, à six ou huit lieues près,n’est pas très-mauvaise, et les préfets placés sur cette ligne de communicationont profité du mouvement d’enthousiasme que répand l’espérance de votre pas-sage, pour faire suivre avec activité les travaux de la réparation des routes.Partout où j’ai trouvé quelques communes, quelques habitations, j’ai entendudes vice Bonaparte. Pendant les dix dernières lieues que j’ai faites au milieude la nuit, chacun venait sur mon passage une lumière à la main pour répéter