LE TRIBUNAT.
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ces misères qui brouillent les femmes entre elles. Dans la fa- Nov. isoimille de Moreau, on cherchait à lui persuader qu’il devaitêtre le premier et non le second ; que le général Bonaparteétait mal disposé à son égard, qu’il cherchait à le déprécier età lui faire jouer un rôle secondaire. Moreau, qui était dépour-vu de caractère, n’avait que trop écouté ces dangereusessuggestions. Le Premier Consul cependant n’avait envers luiaucune espèce de tort ; il l’avait, au contraire, comblé de dis-tinctions de tout genre ; il avait affecté d’en dire plus de bienqu’il n’en pensait, surtout à propos de la bataille de Ilohen-linden, qu’il proclamait publiquement comme un chef-d’œuvred’art mililaire, tandis qu'en secret il la regardait plutôt commeune bonne fortune que comme une combinaison savante et ré-fléchie. Toujours enfin il l’avait traité avec des égards étu-diés, connaissant ses faiblesses, et sachant le parti qu’on nomanquerait pas de tirer du moindre défaut de soin. Mais dèsque Moreau se fut donné les premiers torts, il ne resta pas enarrière, et, avec la promptitude ordinaire de son caractère, illes égala promptement. Un jour il offrit à Moreau de le suivreà une revue; Moreau refusa sèchement, pour n’ôtre pas con-fondu dans l’état-major du Premier Consul, et donna pourexcuse qu’il n’avait pas de cheval à monter. Le Premier Con-sul, blessé de ce refus, lui rendit bientôt la pareille. A l’unedes grandes fêtes qu’on avait fréquemment l’occasion de don-ner, tous les hauts fonctionnaires étaient invités à un dîneraux Tuileries. Moreau était à la campagne; mais, revenu laveille pour une affaire, il se rendit auprès du consul Camba-cérès pour s’entretenir avec lui de l’objet qui l’amenait. Celui-ci, qui s’occupait sans cesse à concilier, accueillit Moreau deson mieux. Surpris de le voir à Paris, il courut avertir le Pre-mier Consul, et le pressa vivement d’inviter le général enchef de l’armée du Rhin au grand dîner du lendemain. — Ilm’a fait un refus public, répondit le Premier Consul, je nem’exposerai pas à en recevoir un second. — Rien ne put le