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[Vol. 2.]
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LIVRE XIII.

Kov. 1801 .

Ouverture«le la sessionde l'ait x.

vaincre, et, le lendemain, tandis que tous les généraux et leshauts fonctionnaires de la République étaient aux Tuileries,assis à la table du Premier Consul, Moreau se vengea d’avoirété négligé en allant publiquement, et en habit civil, dînerdans un des restaurants les plus fréquentés de la capitale,avec une troupe d’officiers mécontents. Ce fait fut très-remar-qué, et produisit un effet des plus fâcheux.

A partir de ce jour, c’est-à-dire de l’automne de 1801, lesgénéraux Bonaparte et Moreau se témoignèrent une extrêmefroideur. Tout le monde le sut bientôt, et les partis hostilesse hâtèrent d’en profiter. Ils se mirent à exalter le généralMoreau aux dépens du général Bonaparte, et cherchèrent àremplir ces deux cœurs du poison de la haine. Ces détailsparaîtront peut-être bien au-dessous de la dignité de l’histoire ;mais tout ce qui fait cannaitre les hommes, les petitesses dé-plorables même des plus grands, est digne de l’histoire ; cartout ce qui peut instruire lui appartient. On ne saurait tropavertir les personnages considérables de la futilité des motifsqui les brouillent souvent, surtout quand leurs divisions de-viennent celles de la patrie.

L’ouverture de la session de l’an x eut lieu le 1 er frimaire(22 novembre 1801), d’après le vœu même de la Constitution,qui la fixait à ce jour-là. Certes, si jamais on a dû être fierde se présenter à une assemblée législative, c’est avec cequ’apportait alors le gouvernement consulaire. La paix con-clue avec la Russie, l’Angleterre, les puissances allemandes etitaliennes, le Portugal, la Porte, et conclue avec toutes cespuissances à de superbes conditions ; un projet de conciliationavec l’Église, qui terminait les troubles religieux, et qui, enréformant l’Église française d’après les principes de la Révo-lution, obtenait cependant l’adhésion des orthodoxes aux con-séquences de cette révolution; un Code civil, monument ad-miré depuis du monde entier; des lois d’une haute utilité surl’instruction publique, sur la Légion d’IIonneur, et sur une infi-