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LIVRE XIII.

Nov. 1801. qui convient à un chef de gouvernement. Quant au généralLamartillière, c’était le plus ancien officier de l’artillerie, et ilavait fait toutes les campagnes de la Révolution. Le généralBerruyer était un officier d’infanterie très-âgé, qui, après avoirpris part à la guerre de Sept-Ans, venait d’étre blessé dansles armées de la République. Ce n’étaient donc pas des créa-tures à lui que le général Bonaparte proposait de récompen-ser , mais de vieux serviteurs de la France sous tous les ré-gimes. Cette conduite fière et cassante adoptée, on ne pou-vait faire de plus dignes choix. Chose plus singulière encore,ils furent motivés dans un préambule. Le sens du préambuleavait une haute signification. Vous avez la paix, disait le gou-vernement au Sénat ; vous la devez au sang que les générauxont versé en cent batailles. Prouvez-leur, en les appelantdans votre sein, que la patrie n’est pas ingrate envers eux. —L'abbé Grégoire Le Sénat s’assembla, et fut agité par beaucoup d’intrigues.

nomme sénateur

par un scrutin M. Sieyès, qui vivait habituellement à la campagne, la quittaet préféré ainsi d ans cette occasion, et vint se mêler à ces intrigues. On en-Premier t’onsui. ( r;i j na beaucoup de bonnes gens, comme le vieux Kellermann,par exemple, en leur disant que le Corps législatif, si on pré-férait son candidat, c’est-à-dire l’abbé Grégoire, payerait cettepréférence en proposant pour la seconde place vacante le gé-néral Lamartillière, l’un des trois candidats du Premier Consul,et qu’alors en nommant un peu plus tard ce général, on sa-tisferait deux autorités en même temps, le Corps législatif etle gouvernement. Ces menées réussirent, et l’abbé Grégoirefut élu sénateur à une grande majorité.

Tandis que ces choix de personnes agitaient les esprits, etcausaient une grande joie aux opposants, les discussions dansle Corps législatif et le Tribunat prenaient le caractère le plusDiscussion fâcheux. Le traité avec la Russie, à l’occasion du mot sujets,‘d'aiîTie s"cin* était devenu l’objet des plus violentes discussions dans la

du Tribunal. .

commission du Tribunat. M. Costaz, le rapporteur de cettecommission, qui n’était point du parti des opposants, avait