LE TRIBUN AT.
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demandé quelques explications au gouvernement. Le Premier Dec. ia>i.Consul l’avait reçu, lui avait expliqué le sens de l’article tantattaqué, lui avait fait connaître le motif de son insertion autraité; et quant au mot sujets, lui avait prouvé, le Dictionnairede l’Académie à la main, que ce mot, employé diplomatique-ment, s’appliquait aux citoyens d’une république aussi bienqu’à ceux d’une monarchie. Il lui avait môme raconté, pourachever son édification, divers détails sur les relations de laFrance avec la Russie, touchant les émigrés. M. Costaz, con-vaincu par l’évidence de ces explications, fit son rapport dansun sens favorable à l’article en question ; mais, intimidé parla violence du Tribunat, il blâma l’emploi du mot sujets, etraconta les choses d’une manière assez mal-adroite, qui pou-vait donner à la Russie l’apparence d’un gouvernement faible,livrant les émigrés au Premier Consul, et au Premier Consull’apparence d’un gouvernement persécuteur, poursuivant lesémigrés jusque dans leur asile le plus lointain. M. Costaz,comme il arrive souvent aux hommes circonspects f quiveulent ménager tous les partis à la fois, déplut égalementaux opposants et au Pemier Consul, qu’il compromettait avecla Russie.
Le jour de la discussion arrivé, c’était le 7 décembre 1801(16 frimaire), le tribun Jard-Panvilliers demanda que le débateût lieu en comité secret. Cette proposition fort sage fut adop-tée. Dès que les tribuns furent délivrés de la présence dupublic, qui leur était d’ailleurs peu favorable, ils se livrèrentaux plus inconcevables emportements. Ils voulaient absolu-ment rejeter le traité, et en proposer le rejet au Corps légis-latif. Si jamais il y eut une folie coupable, c’était celle-là ; car,pour un mot, juste d’ailleurs, et parfaitement innocent, rejeterun traité pareil, si long, si difficile à conclure, et qui procuraitla paix avec la première puissance du Continent, c’était agiren insensés et en furieux. MM. Chénier et Benjamin Constant,se livrèrent aux plus véhémentes déclamations. M. Chénier