Band 
[Vol. 2.]
Seite
290
JPEG-Download
 

LIVRE XIII.

2t)0

r.'inv. 1802. qui leur seraient dévouées, ils auraient un pied dans l’île, etempêcheraient les Français d’y rentrer.

Le Premier Consul insista pour la destruction des fortifica-tions, disant que l’ordre était aujourd’hui fort difficile à recon-stituer; que déjà la Bavière s’était emparée de ses popriétésen Allemagne; que l’Espagne, depuis l’établissement de la pro-tection russe sur Malte, songeait à en faire autant, et à prendreles biens qui étaient situés chez elle; que l’institution do che-valiers protestants serait une raison déterminante à scs yeux;que le pape, déjà fort contraire à tout ce qu’on faisait à l’égardde l’ordre, ne consentirait à aucun prix aux nouveaux arran-gements, et que la Fronce enfin ne pouvait fournir une languefrançaise, vu que ses lois actuelles n’admettaient plus en au-cune façon le rétablissement d’une institution nobiliaire. Il accor-dait bien, si on y tenait, le rétablissement de l’ordre de Maltesur ses anciennes bases, avec la conservation des fortificationsexistantes, mais sans langue anglaise ni française, et sous lagarantie de la cour la plus voisine, celle de Naples. Tl repous-sait la garantie de la Russie.

On n’avait parlé d’aucun des arrangements du Continent.Le Premier Consul l’avait expressément défendu à la légationfrançaise. Cependant , comme le roi d’Angleterre prenait unintérêt très-vif à la maison d’Orange, privée du stathoudérat,le Premier Consul voulait bien se charger de lui procurer undédommagement territorial en Allemagne, lorsque serait traitéela grande question des indemnités germaniques. Il demandaiten retour la restitution, en nature ou en argent, de la flottebatave enlevée par les Anglais.

Au fond il n’y avait dans tout cela rien d’absolu, rien d’in-conciliable; car la question des prisonniers était une affaired'argent, toujours arrangeable au moyen de deux liquidateurs.La question de Malte était plus difficile, car c’était une affairede défiance réciproque. Il fallait (et c’était possible), il fallaittrouver un système qui rassurât tout le monde, contre l’éven-