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LIVRE XIV.
Janv. 1802. mencement de pluviôse), les scrutins incessamment répétés duSénat, opérèrent la séparation des partisans et des adversai-Eiimînation res du gouvernement. Soixante membres du Corps législatif,
île *20 membres
«lu Tribunat, qui avaient montré le plus de résistance aux projets du Pre-
et de 60 membres 1 1 1 0
'K'. , ,, mier Consul, surtout au projet du rétablissement des cultes,vingt membres du Tribunat les plus actifs, furent frappés d’ex-clusion, ou, comme on dit alors, éliminés. Les principaux parmices vingt étaient MM. Chénier, Ginguené, Chazal, Bailleul,Courtois, Ganilh, Daunou et Benjamin Constant. Les autres,moins connus, gens de lettres ou d’affaires, anciens conven-tionnels , anciens prêtres, n’avaient eu d’autre titre pour en-trer au Tribunat que l’amitié de M. Sieyès et de son parti; lemême titre les en fit sortir.
Telle fut la fin, non pas du Tribunat, qui continua d’existerquelque temps encore, mais de l’importance momentanée quece corps avait acquise. Il eût été à désirer que le PremierConsul, si plein de gloire, si dédommagé par l’adhésion uni-verselle de la France d’une opposition inconvenante, pût se ré-signer à supporter quelques détracteurs impuissants. Cetterésignation eût été plus digne, et aussi moins dommageableh l’espèce de liberté qu’il aurait pu nous laisser alors, pour nouspréparer plus tard à une liberté véritable. Mais en ce monde lasagesse est plus rare que l’habileté, plus rare même que legénie; car la sagesse suppose la victoire sur ses propres pas-sions, victoire dont les grands hommes ne sont guère pluscapables que les petits. Le Premier Consul, il faut le recon-naître , manqua de sagesse en cette occasion, et on ne peutfaire valoir en sa faveur qu’une seule excuse : c’est qu’une telleopposition, encouragée par sa patience, serait peut-être de-venue plus qu’incommode, mais dangereuse et même insur-montable , si la majorité du Corps législatif et du Sénat avaitfini par y prendre part, ce qui était possible. Cette excuse aun certain fondement, et elle prouve qu’il y a des temps où