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[Vol. 2.]
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LIVRE XIV.

Janv. 1802. peu de zèle aux citoyens, qui ne voyaient dans cette vasteprésentation de candidats, aucun moyen direct et immédiatd’influer sur la composition des premières autorités. Elles n’é-taient en réalité qu’une manière de sauver les apparences, etde dissimuler la nécessité, alors inévitable, de la compositiondes grands corps de l’État par eux-mémes; car toute électiontournait à mal, c’est-à-dire aux extrêmes. On avait eu la plusgrande peine à terminer ces listes, et, sur cent deux départe-ments alors existants, dont deux, ceux de la Corse, étaienthors la loi, dont quatre, ceux de la rive gauche du Rhin, n’é-taient pas organisés, quatre-vingt-trois seulement avaient en-voyé leurs listes. Il fut convenu qu’on ferait les choix dansles listes envoyées, sauf à dédommager par des choix posté-rieurs les départements qui n’avaient pas encore exécutéla loi.

On appela au Corps législatif bon nombre de ces grandspropriétaires, que la sécurité nouvelle dont on les faisait jouir,portait à quitter la retraite, dans laquelle ils avaient jusqu’icicherché à vivre. On y appela aussi quelques préfets, quel-ques magistrats, qui, depuis trois ans, venaient de se formerà la pratique des affaires, sous la direction du gouvernementconsulaire. Parmi les personnages introduits au Tribunat setrouvait Lucien Bonaparte, revenu d’Espagne, après une am-bassade plus agitée qu’utile, et affectant de ne plus rien dési-,rer qu’une existence tranquille, employée à servir son frèredans le sein de l’un des grands corps de l’État. Avec lui onavait introduit Carnot, sorti depuis peu du ministère de laguerre, où il n’avait pas eu l’art de plaire au Premier Consul.Ce dernier n’était pas plus favorable au gouvernement consu-laire que les tribuns récemment exclus ; mais c’était un per-sonnage grave, universellement respecté, dont l’oppositiondevait être peu active, et que la Révolution ne pouvait pas,sans une odieuse ingratitude, laisser à l’écart. Cette nomina-tion était d’ailleurs un dernier hommage à la liberté. Après