CONSULAT A VIE.
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ces deux noms, le plus notable était celui de M. Daru, admi-nistrateur capable et intègre, esprit sage et cultivé.
Pendant que ces opérations s’exécutaient, le Premier Con-sul était arrivé à Paris, à la suite d’une absence de vingt-quatre jours. Il était de retour le 31 janvier au soir (11 plu-viôse). La soumission était partout, et ce mouvement singu-lier de résistance qu’on avait vu se produire naguère dans lesdeux assemblées législatives, était maintenant complètementapaisé. L’autorité nouvelle dont le Premier Consul venaitd’être revêtu, avait elle-même agi sur les esprits. Assurémentc’était peu pour la puissance du Premier Consul, que la Répu-blique italienne ajoutée à cette République française, qui avaitvaincu et désarmé le monde; mais [cet exemple de déférencedonné au génie du général Bonaparte par un peuple alliéavait produit un grand effet. Les corps de l’État vinrent tousavec empressement lui présenter leurs félicitations, et luiadresser des discours où perçait, à côté de l’exaltation delangage qu’il inspirait ordinairement, une nuance marquée derespect. Il semblait qu’on voyait déjà sur cette tête domina-trice , la double couronne de France et d’Italie.
Il pouvait tout maintenant, et pour l’organisation de la France,qui était son premier objet, et pour sa grandeur personnelle,qui était le second. Il n’avait plus à craindre que les codesqu’il avait fait rédiger, et qu’il faisait rédiger encore, que lesarrangements conclus avec le Pape pour la restauration desautels, n’échouassent devant la mauvaise volonté, ou devantles préjugés des grands corps de l’État. Ces projets n’étaientpas les seuls qu’il méditait. Depuis quelques mois, il prépa-rait un vaste système d’éducation publique, pour façonnerla jeunesse française au régime sorti de la Révolution. Il pro-jetait un système de récompenses nationales, qui, sous uneforme militaire, convenable au temps et à l’imagination guer-rière des Français, pût servir à rémunérer les grandes actionsciviles, aussi bien que les grandes actions militaires ; c’était la
Janr. 1802,
Le Premier Cou-sul, délivre' detoute opposition,peut uonnercours à ses pro-jets.