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[Vol. 2.]
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LIVRE XIV.

.hiiiv. ia,2. Légion-d’llonneur, noble institution long-temps méditée ensecret, et certainement pas la moins difficile des œuvres quele Premier Consul voulait faire agréer à la France républi-caine. Il désirait aussi fermer une des plaies les plus profon-des de la Révolution, c’était l’émigration. Beaucoup de Fran-çais vivaient encore à l’étranger, dans les mauvais sentimentsque l’exil inspire, privés de leur famille, de leur fortune, deleur patrie. Avec le projet d’effacer les traces de nos profon-des discordes, et de conserver tout ce que la Révolution avaiteu de bon, d’en écarter tout ce qu’elle avait eu de mauvais, l’é-migration n’était pas un de ses résultats qu’il fallût laissersubsister. Mais, à cause des acquéreurs de biens nationaux,toujours susceptibles et défiants, c’était l’un des actes les plusdifficiles, et qui exigeaient le plus de courage. Toutefois lemoment approchait où un tel acte allait devenir possible.Enfin si, comme on le disait alors de toutes parts, il fallaitconsolider le pouvoir dans les mains de l’homme, qui l’avaitexercé d’une manière si admirable, s’il fallait donner à sonautorité un nouveau caractère, plus élevé, plus durable, quecelui d’une magistrature temporaire de dix années, dont troiss’étaient déjà écoulées, le moment était venu encore, car laprospérité publique, fruit de l’ordre, de la victoire, de la paix,était au comble ; elle était sentie en cet instant, avec une vi-vacité que le temps pouvait plutôt émousser qu’accroître.

Suîte du congrès Cepandant ces projets de bien public et de grandeur per-sonnelle qu’il nourrissait tous à la fois, avaient besoin pours’accomplir d’un dernier acte, c’était la conclusion définitivede la paix maritime, laquelle se négociait au congrès d’Amiens.Les préliminaires de Londres avaient posé les bases de cettepaix ; mais tant que ces préliminaires n’étaient pas convertisen traité définitif, les alarmistes intéressés à troubler le repospublic, ne manquaient pas de dire chaque semaine qu’on avaitcessé d’étre d’accord, et qu’on serait bientôt replongé dans laguerre maritime, et par la guerre maritime dans la guerre