CONSULAT A VIE.
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continentale. Aussi, dès son retour à Paris, le Premier Consul Fev. miavait imprimé une nouvelle activité aux négociations d’Amiens.
Signez, écrivait-il chaque jour à Joseph, car depuis les préli-minaires il n’y a plus aucune question sérieuse à débattre. —rCela était vrai. Les préliminaires de Londres avaient résolules seules questions importantes, en stipulant la restitution .dètoutes les conquêtes maritimes des Anglais, sauf Ceylan etïJaTrinité, dont les Hollandais et les Espagnols devaient faire lesacrifice. Les Anglais avaient bien, comme on l’a vu, demandéau congrès d’Amiens la petite île de Tabago ; mais le PremierConsul avait tenu bon, et ils y avaient renoncé. Dès lors, iln’y avait plus de contestation que relativement à des pointstout à fait accessoires, tels que l’entretien des prisonniers, etle régime à donner à l’ile de Malte.
On a exposé précédemment la difficulté relative aux prison-niers. C’était une pure question d’argent, toujours facile à ré-soudre. Le régime à donner à Malte présentait une difficultéplus réelle, car une défiance réciproque compliquait les vuesdes deux puissances. Le Premier Consul, par un singulierpressentiment, voulait raser les fortifications de l’ile, la réduireà un rocher, et en faire un lazaret neutre et ouvert à toutesles nations. Les Anglais, qui voyaient dans Malte une échellepour aller en Égypte, disaient que le rocher seul était tropimportant, pour le laisser toujours accessible aux Français, quide l’Italie pouvaient passer en Sicile, de Sicile à Malte. Ilsvoulaient le rétablissement de l’ordre sur ses anciennes bases,avec la création d’une langue anglaise, et d’une langue mal-taise, celle-ci composée des habitants de l’ile, qui leur étaientdévoués. Le Premier Consul n’avait pas admis ces conditions ;car, dans l’état des mœurs en France, on ne pouvait pas es-pérer de composer une langue française assez nombreuse,pour contre-balançer la création d’une langue anglaise. Ons’était enfin mis d’accord sur ce point. L’ordre devait être ré-tabli, sans qu’il y eût aucune langue nouvelle. Un autre grand-
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