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LIVRE XIV.
fev. 1802 . maître devait être nommé, car on ne voulait plus de Al. deHompesch, qui, en 1798, avait livré Malte au général Bona-parte. En attendant que l’ordre fût réorganisé, il était décidéqu’on demanderait au roi de Naples de fournir une garnisonnapolitaine de deux mille hommes, laquelle occuperait l’ilelorsque les Anglais l’évacueraient. Par surcroît de précaution,on désirait que quelque grande puissance garantit cet arran-gement, pour mettre Malte à l’abri de l’une de ces entreprises,qui depuis cinq ans l’avaient fait tomber au pouvoir, tantôt desFrançais, tantôt des Anglais. On songeait à demander cettegarantie à la Russie, en se fondant sur l’intérêt que cette puis-sance avait témoigné à l’ordre sous Paul I er . Sur tous cespoints on était encore d’accord, au départ du Premier Consulpour Lyon. Les pêcheries rétablies sur leur ancien pied, l’in-demnité territoriale promise en Allemagne à la maison d’O-range pour la perte du stathoudérat, la paix de l’intégrité deterritoire assurées soit au Portugal, soit à la Turquie, ne pré-sentaient que des questions résolues. Cependant, depuis leretour du Premier Consul à Paris, la négociation paraissaitlanguir, et lord Cornwallis inquiet, semblait reculer à mesureque le négociateur français faisait de nouveaux pas vers lui.On ne pouvait suspecter lord Cornwallis, bon et respectablemilitaire, qui ne demandait qu’à terminer aimablement lesdifficultés de la négociation, et à joindre à ses services guer-riers un grand service civil, celui de donner la paix à sa pa-trie. Mais ses instructions étaient tout à coup devenues plusrigoureuses ; et la peine qu’il en ressentait se peignait claire-ment sur son visage. Son cabinet, en effet, lui avait enjointd’être plus difficile, plus vigilant dans la rédaction du traité,et lui avait imposé des conditions de détail, qu’il était peuaisé de faire subir à l’humeur altière et défiante du PremierConsul. Ce brave militaire, qui avait cru couronner sa carrièrepar un acte mémorable, en était à craindre de voir sa vieilleconsidération ternie, par le rôle qu’on allait lui faire jouer