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LIVRE XIV.
F*, isu-i. de plus pour le parti de la guerre, qui déjà ne manquait pasde dire que la France allait s’agrandissant toujours, et l’An-gleterre se rapetissant à proportion. Une nouvelle récente ettrès-répandue, agissait également sur les esprits : c’était celled’une acquisition considérable faite par les Français en Amé-rique. On avait vu la Toscane donnée sous le titre de royaumed’Etrurie à un infant, sans connaître le prix de ce don fait àl’Espagne. Maintenant que le Premier Consul réclamait à Ma-drid la cession de la Louisiane, qui était l’équivalent stipuléde la Toscane, cette condition du traité se trouvait divulguée ;et ce fait, joint à l’expédition de Saint-Domingue, révélait desprojets nouveaux et vastes en Amérique. A tout cela on ajou-tait qu’un port considérable était acquis par la France dans laMéditerranée, c’était celui de l’ile d’Elbe, échangée contre leduché de Piombino.
Ces divers bruits répandus à la fois, pendant que la Con-sulte , réunie à Lyon, décernait au général Bonaparte le gou-vernement de l’Italie, avaient rendu à Londres un peu deforce au parti de la guerre, lequel avait été obligé jusqu’ici dese renfermer dans une extrême réserve, et de saluer, aumoins de quelques hommages hypocrites, le rétablissement dela paix.
M. Pitt, sorti du cabinet depuis l’année dernière, mais tou-jours plus puissant dans sa retraite que ses honnêtes et faiblessuccesseurs ne l’étaient au pouvoir, s’était tu sur les prélimi-naires. 11 n’avait rien dit des conditions, mais il avait ap-prouvé le fait même de la paix. Ses anciens collègues, fortinférieurs à lui, et par conséquent moins modérés, MM. Wind-ham, Dundas, Grenville, avaient blâmé la faiblesse du cabinetAddington, et trouvé les conditions des préliminaires dés-avantageuses pour la Grande-Bretagne. En apprenant le dé-part d’une flotte portant vingt mille hommes à Saint-Domingue,ils s’étaient récriés contre la duperie de M. Addington, quilaissait passer une escadre destinée à rétablir la puisance