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[Vol. 2.]
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CONSULAT A VIE.

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L’heureuse issue du congrès d’Amiens, si elle n’excita paschez le peuple anglais les mêmes transports d’enthousiasmeque la signature des préliminaires, le trouva encore joyeuxet bruyant. Cette fois on lui dit, qu’il allait jouir de la réa-lité de la paix, du bas prix des denrées, et de l’abolitionde 1 Hncome-tax. Il le crut, et se montra véritablement sa-tisfait.

L’effet fut à peu près le même de notre côté. Moins de dé-monstrations extérieures, pas moins de satisfaction réelle, telfut le spectacle donné par le peuple en France. Enfin, oncroyait tenir la paix véritable, celle des mers, condition cer-taine et nécessaire de la paix du Continent. Après dix annéesde la plus grande, de la plus terrible lutte qui se soit vue chezles hommes, on posait les armes : le temple de Janus étaitfermé.

Qui avait fait tout cela? Qui avait rendu la France si grandeet si prospère, l’Europe si calme? Un seul homme, par laforce de son épée, et par la profondeur de sa politique. LaFrance le proclamait ainsi, et l’Europe entière faisait écho avecelle. Il a vaincu depuis, à Austerlitz, à Jéna, à Friedland, àWagram, il a vaincu en cent batailles, ébloui, effrayé, soumisle monde; jamais il ne fut si grand, car jamais il ne futsi sage !

Aussi tous les corps de l’État vinrent de nouveau lui dire,dans des harangues pleines d’un sincère enthousiasme, qu’ilavait été le vainqueur, qu’il était aujourd’hui le bienfaiteurde l’Europe. Le jeune auteur de tant de biens, le possesseurde tant de gloire, était loin de se croire au terme de sa tâche ;il jouissait à peine de ce qu’il avait fait, tant il était impatientde faire davantage. Passionné alors pour les travaux de lapaix, sans être bien certain que cette paix durât long-temps,il était pressé d’achever ce qu’il appelait l’organisation de laFrance, et de concilier ce qu’il y avait de vrai, de bon dansla Révolution, avec ce qu’il y avait d’utile, de nécessaire à

Mars 1802.

Conséquencesdu traite'd’Amiens.