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[Vol. 2.]
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UVKE XIV.

vvrii îew. remplissait incognito les fonctions de légat a latere , et quivoyait sans cesse le Premier Consul, lui insinuait avec dou-ceur, mais avec constance, les désirs de l’Église romaine, s’a-vançant plus hardiment quand le Premier Consul était d’hu-meur à le laisser dire, se retirant précipitamment, et avechumilité, quand il était d’humeur contraire. Ces désirs del’Église romaine ne consistaient pas seulement à repousserde la nouvelle composition du clergé français les prêtresqu’elle appelait intrus, mais à recouvrer les provinces per-dues, Bologne, Ferrare et la Itomagne. — Le Saint-Père, disaitle cardinal, est fort pauvre depuis qu’il a été dépouillé de sesprovinces les plus fertiles ; il est si pauvre qu’il ne peut payerni des troupes pour le garder, ni l’administration de ses États,ni le Sacré Collège. 11 a perdu même une partie de ses reve-nus extérieurs. Au milieu de ses douleurs, le rétablissementde la religion en France est la plus grande de ses consolations;mais ne mêlez pas des amertumes à cette consolation, en l’o-bligeant à instituer des prêtres qui ont apostasié, en privantle clergé fidèle des places déjà tant réduites par la nouvellecirconscription. — Oui, répondait le Premier Consul, le Saint-Père est pauvre; je le soulagerai. Toutes les limites des Étatsd’Italie ne sont pas irrévocablement fixées ; celles de l’Europeelle-même ne sont pas définitivement arrêtées. Mais je nepuis aujourd’hui ôter des provinces à la République italienne,qui vient de me prendre pour chef. En attendant, il faut auSaint-Père plus d’argent qu’il n’en a. Il lui faut quelquesmillions; je suis prêt à les lui donner. Quant aux intrus ,ajoutait-il, c’est autre chose. Le Pape a promis, une foisles démissions données, de réconcilier avec l’Eglise, sansaucune distinction, tous ceux qui se soumettraient au Concor-dat. Il l’a promis, il faut qu’il tienne sa parole. Je la lui rap-pellerai, et il n’est ni homme, ni pontife à y manquer. D’ail-leurs je ne suis pas venu pour faire triompher tel ou tel parti;je suis venu pour les réconcilier les uns avec les autres, en