CONSULAT A VIE.
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cette hauteur qu’il savait apporter dans le commandement, Avril i»r2.surtout à l’égard des gens de guerre. Il lui fit sentir l’incon-venance de sa démarche, lui rappela que le Concordat étaitmaintenant loi de l’Etat, que les lois étaient obligatoires pourtoutes les classes de citoyens, aussi bien pour les militairesque pour les citoyens les plus humbles et les plus faibles ;qu’il veillerait du reste à leur exécution, en sa double qualitéde général et de premier magistrat de la République; que cen’était pas aux officiers de l’armée, mais au gouvernement àjuger la convenance de la cérémonie ordonnée pour le jour dePâques ; que toutes les autorités avaient ordre d’y assister, lesautorités militaires comme les autorités civiles, que toutesobéiraient; que quant à la dignité de l’armée, il en était aussijaloux, et aussi bon juge qu’aucun des généraux ses com-pagnons d’armes, et qu’il était certain de ne la point compro-mettre , en assistant de sa personne aux cérémonies de la re-ligion; qu’au surplus, ils n’avaient pas à délibérer, mais àexécuter un ordre, et qu’il s’attendait à les voir tous dimanche,à ses côtés, dans l’église métropolitaine. Augereau ne répli-qua point, et ne rapporta auprès de ses camarades que l’em-barras d’avoir commis une légèreté, et la résolution d’obéir.
Tout était prêt, mais au dernier instant les arrière-pensées Demitres dim
cultes la veille
du cardinal Caprara faillirent mettre au néant les nobles pro- de la cérémonie,
1 1 suscitées par le
jets du Premier Consul. Los évêques choisis dans le clergé cardinal caprara,constitutionnel, s’étaient rendus chez le cardinal Caprara, pour c'Vù'str
le procès informatif qui se fait à l’égard de tout évêque pré- tu *«>nnei».senté au Saint-Siège. Le cardinal avait éxigé d’eux une ré-tractation , par laquelle ils abjuraient leurs anciennes erreurs,en qualifiant de la manière la plus flétrissante leur adhésion àla Constitution civile du clergé. C’était une démarche humi-liante, non-seulement pour eux, mais pour la Révolution elle-même. Le Premier Consul averti ne voulut pas la souffrir, etleur enjoignit de ne pas céder, promettant de les appuyer, etde forcer le représentant du Saint-Siège à renoncer à ses pré-