CONSULAT A VIE.
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ce qu’on a dédaigné ou détruit quand on l’avait, de ce qu’on Avril isûü.désire avec tristesse quand on l’a perdu. Tel est le cœur hu-main! Ce qui est, le fatigue ou l’oppresse; ce qui a cesséd’être, acquiert tout à coup un attrait puissant. Les coutumessociales et religieuses de l’ancien temps, odieuses et ridiculesen 1789, parce qu’elles étaient dans toute leur force, et quede plus, elles étaient souvent oppressives, maintenant que ledix-huitième siècle, changé vers sa fin en un torrent impé-tueux, les avait emportées dans son cours dévastateur, reve-naient au souvenir d’une génération agitée, et touchaient soncœur disposé aux émotions par quinze ans de spectacles tra-giques. L’œuvre du jeune écrivain, empreinte de ce senti-ment profond, remuait fortement les esprits, et avait été ac-cueillie avec une faveur marquée par l’homme qui alors dis-pensait toutes les gloires. Si elle ne décelait pas le goût pur,la foi simple et solide, des écrivains du siècle de Louis XIV,elle peignait avec charme les vieilles mœurs religieuses quin’étaient plus. Sans doute on y pouvait blâmer l’abus d’unebelle imagination, mais après Virgile, mais après Horace, il estresté, dans la mémoire des hommes, une place pour l’ingé-nieux Ovide, pour le brillant Lucain, et, seul peut-être parmiles livres de ce temps, le Génie du Christianisme vivra, forte-ment lié qu’il est à une époque mémorable : il vivra, commeces frises sculptées sur le marbre d’un édifice, vivent avec lemonument qui les porte.
En rappelant les prêtres à l’autel, en les faisant sortir desretraites obscures où ils pratiquaient leur culte, et conspiraientsouvent contre le gouvernement, le Premier Consul avait ré-paré l’un des plus fâcheux désordres du temps, et satisfait l’undes plus grands besoins moraux de toute société. Mais il res-tait un autre désordre extrêmement triste, et qui laissait à laFrance l’aspect d’une contrée déchirée par les factions : c’était Rappel
. «les émigres
rexil d’une quantité considérable de Français; vivant à Tétran-ger dans l’indigence, quelquefois dans la haine de leur patrie,