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LIVRE XIV.
Avril ia«. et recevant des gouvernements ennemis un pain, que beau-coup d’entre eux payaient par des actes indignes envers laFrance. C’est une affreuse invention de la discorde, que l’exil:elle rend l’exilé malheureux, elle dénature son cœur, elle lemet à l’aumône de l’étranger, elle promène au loin l’affligeantspectacle des troubles du pays. De toutes les traces d’unerévolution, c’est celle qu’il faut effacer la première. Le généralBonaparte considérait le rappel des émigrés comme le com-plément indispensable de la pacification générale. C’était unacte réparateur dont il était impatient de braver les difficultés,et d’avoir la gloire. Déjà il existait pour les émigrés un sys-tème de rappel fort incomplet, fort partial, fort irrégulier, quiavait tous les inconvénients d’une mesure générale, et qui n’enavait pas l’éclat bienfaisant; c’était le système des radiations,qui étaient accordées aux émigrés les mieux recommandés,sous prétexte qu’ils avaient été indûment portés sur les listes.On n’amnistiait pas toujours ainsi les plus excusables ou lesplus intéressants.
nispoüitions Le Premier Consul forma donc la résolution de faire rentrer
principales
h"mesure ^ es émigrés en masse, sauf certaines exceptions. De graves
■les «Sres. objections s’élevaient contre cette mesure. D’abord toutes lesconstitutions, et notamment la Constitution consulaire, disaientformellement qu’on ne rappellerait jamais les émigrés. Ellesle disaient, surtout à cause des acquéreurs de biens nationauxqui étaient fort ombrageux, et qui regardaient l’exil des an-ciens possesseurs de leurs biens, comme nécessaire à leursûreté. Le Premier Consul se considérant comme le plus fermeappui de ces acquéreurs, ayant toujours exprimé la fermevolonté de les défendre, seul au monde en ayant la puissance,se croyait assez fort de la confiance qu’il leur inspirait à tous,pour pouvoir ouvrir les portes de la France aux émigrés. Ilfit donc préparer une résolution, dont la première clause étaitla consécration nouvelle et irrévocable des ventes faites parl’Etat aux acquéreurs de biens nationaux. 11 y fit insérer ensuite