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[Vol. 2.]
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LIVRE XIV.

Avril 1802. conseillers d’État et de sénateurs. Elle fut chaudement discu-niscussion tée dans cette réunion, et parut exciter de vifs ombrages. Ce-

en conseil privé A °

d « la r '“<j. s B u | re du pendant l’entrainement général vers toutes les mesures répa-ratrices, qui tendaient à effacer les traces de nos troubles, leprestige de la paix générale, la volonté positive du PremierConsul, toutes ces causes réunies amenèrent l’adoption duprincipe même du rappel des émigrés. Mais on tint à insérerdans la résolution le mot d’amnistie, pour conserver à l’émi-gration le caractère d’un acte criminel, que la nation victo-rieuse et heureuse voulait bien oublier. Le Premier Consul,désirant faire les choses d’une manière cemplète, répugnait àl’emploi du mot d’amnistie. Il disait qu’on ne devait pas humi-lier les gens dont on voulait opérer la réconciliation avec laFrance, et que les traiter comme des criminels graciés, c’étaitles humilier profondément. On lui répondait que l’émigration,à l’origine, avait été un crime, car elle avait eu pour but prin-cipal de faire la guerre à la France, et qu’il fallait qu’elle restâtcondamnée par les lois. La plus vive contestation s’engagearelativement aux biens des émigrés. Les conseillers, appelésà délibérer, repoussèrent obstinément la restitution des bois etforêts, que la loi du 2 nivôse an iv avait déclarés inaliénables.C’était, à leur avis, remettre des richesses immenses dans lesmains de la grande émigration, priver l’État d’une énorme va-leur, et surtout de forêts d’une utilité indispensable pour leservice de la guerre et de la marine. Malgré tous ses efforts,le Premier Consul fut obligé de céder, et il garda ainsi, sansy songer, l’un des plus puissants moyens d’influence sur l’an-cienne noblesse française, celui qui depuis a servi à la lui ra-mener presque tout entière : ce moyen était la restitution in-dividuelle qu’il fit plus tard de leurs biens, à ceux des émigrésqui se soumettaient à son gouvernement.

La résolution ainsi modifiée, il restait à savoir comment onlui donnerait un caractère légal. On ne voulait pas en faireune loi; on voulait lui donner un caractère plus élevé, s’il